mercredi 15 août 2018

Un conseil pas comme les autres

Ce n’est pas tous les jours que l’on rencontre un sénateur. Pour cela il fallait assister au conseil municipal du 3 juillet. En effet, Cyril Pellevat, sénateur de Haute-Savoie était présent pour cette séance. Il fait le tour des communes pour rencontrer les élus et assister aux conseils municipaux. Une démarche rare que l’on ne peut qu’apprécier et saluer. Une bonne façon pour « ceux qui nous dirigent » de se rendre compte de la réalité de la gestion des petites communes comme la nôtre.


Cyril Pellevat, sénateur de Haute-Savoie

Mais la présence de ce jeune sénateur n’a pas été la seule particularité de cette réunion. Celle-ci a débuté par l’installation de Jean-Yves Raffort qui remplace Lydie suite à sa démission en mai. Jean-Yves a pris la parole pour faire quelques demandes. Comme nous l’avons expliqué, nous recevons depuis plusieurs mois les convocations par lettre recommandée alors que dans le passé, nous les trouvions directement dans nos boites aux lettres après le passage du facteur ou du policier municipal. Pourquoi ce changement ? Comment récupérer ce courrier quand on travaille tous les jours et que la poste des Contamines n’est ouverte que du lundi au vendredi ? De plus, dans la loi, rien n’oblige que les convocations soient envoyées en recommandé. Jean-Yves a donc demandé qu’on revienne à un envoi simple pour les prochaines réunions. Ces envois ne se font pas de la même façon pour tous les conseillers : seuls les « opposants » ont droit aux recommandés et les conseillers de la « majorité » les reçoivent en main propre. Nous avons observé les enveloppes des autres conseillers avant les réunions…. 




Mais cela n’était pas la seule requête de Jean-Yves. Suite à une remarque d’un conseiller de la majorité en mai, sur le fait que nous nous opposions systématiquement à tout, Jean- Yves a souhaité rappeler que plus de 50% des délibérations étaient votées à l’unanimité et que nous avions seulement des points de vue différents sur certains sujets (Centre, Epic, Budget, Parc de loisirs …). Notre vote reste notre seul moyen d’expression puisque que nous avons été écartés de toutes les commissions municipales dès 2014. Pour une plus grande transparence et pour le respect des lois comme cela avait été promis par l’équipe du maire « avec tous et pour tous » Jean-Yves a demandé que les commissions Finances, Urbanisme et Appel d’Offre soient ouvertes à nos candidatures et que ce point soit ajouté à l’ordre du jour. 

Ces 2 demandes sont restées sans réponse. Le maire est passé directement à la désignation du secrétaire de séance et au premier point à l’ordre du jour : la convention annuelle avec la MJC de Saint Gervais. 

Afin que les jeunes (11-17 ans) de notre village puisse participer aux activités proposées par la MJC de la commune voisine, une convention doit être signée. Une subvention de 7500 euros est allouée par notre commune à l’association saint-gervolaine. En contrepartie, celle-ci garantie un nombre minimum de 4 places pour les jeunes contaminards. Nous avons comparé cette nouvelle convention avec celle de l’an dernier. La subvention était alors de 15 000 euros. Pourquoi cette diminution de moitié ? Quelles conséquences pour les jeunes contaminards ? « C’est pour mieux correspondre à la fréquentation réelle des enfants de notre commune » nous a répondu le maire. « Il n’y a pas de changement pour les jeunes ». Peut-être … mais dans la précédente convention, le nombre de places garanties était de 6, et non pas 4 comme indiqué dans la nouvelle version… Il semble pourtant que cette diminution de subvention ait mis en péril un emploi d’encadrement des enfants….. On doit toujours rester vigilant quant à la véracité des paroles du premier édile du village.




On reste avec les activités des enfants du village pour la délibération suivante. Il s’agit du vote de la subvention pour le ski-club. Le montant de celle-ci est de 25 000 euros. Comme elle dépasse le seuil de 23 000 euros, une convention doit être signée entre la commune et cette association. L’adjoint aux finances a expliqué que tous les points étaient détaillés dans la convention qui nous avait été remise en annexe de notre convocation. Le problème est que nous n’avons pas reçu ce document. Il faut savoir que dans les convocations que nous recevons en recommandé, les annexes sont enregistrées dans une clé USB glissée dans l’enveloppe. Pour ne pas gaspiller du papier semble-t-il. Mais nous sommes souvent obligés d’imprimer ces documents pour les avoir lors des conseils municipaux. Où est l’intérêt ? Et est-ce vraiment économique et écologique de multiplier les clés USB ?

Avec la convocation du conseil du 3 juillet, nous avons donc reçu une clé USB contenant 16 annexes. Pour la délibération au sujet de la subvention du ski-club, nous devions consulter les annexes 2 et 3, à savoir un fichier « ANNEXE 2 Convention subvention ski-club 2018.pdf » dans lequel nous avons trouvé le bilan financier du ski-club pour la période allant du 1er juin 2017 au 31 mai 2018 et une second fichier « ANNEXE 3 Convention locaux Commune-Ski Club signé.pdf » qui présente la convention signée en 2015 par le maire et le président du Ski Club, Philippe Marguet pour l’occupation des locaux communaux. Aucune trace de la convention annuelle d’objectifs pour l’année 2018 signée par le maire et le président actuel du ski-club, Armand Louvier. 




Avant de passer au vote, nous avons mentionné l’absence de ce document sans doute due à une erreur lors de la préparation des convocations. « Une autre question ? » a répondu le maire. Nous avons dû répéter que nous n’avions pas reçu l’information et que la délibération ne pouvait pas être votée. La réaction du maire a été vive, « non il n’y a pas d’erreur, tout le monde a reçu les bons documents ». Il est clair qu’il ne voulait surtout pas admettre devant le sénateur que ses services avaient commis une erreur. Nous avons alors demandé aux autres conseillers s’ils avaient bien reçu l’annexe liée au vote du jour. « Oui bien sûr » ont-ils répondu. Mais quand nous avons demandé à l’un d’entre eux ce qui était indiqué dans ce texte, nous avons obtenu la réponse « Je ne m’en souviens plus… ». Nous avons proposé de consulter la clé USB que nous avions reçu pour vérifier ce qu’elle contenait. Cette proposition n’a pas été retenue… Le maire nous a alors répondu « il faut apprendre à utiliser une clé USB » et il est passé au sujet suivant. Comme nous n’avons pas reçu les informations nécessaires pour nous faire une opinion, nous avons préféré nous abstenir. 




Pourquoi cette obstination pour refuser d’admettre qu’une erreur se soit produite lors de la préparation des documents ? L’erreur est humaine et compréhensible. La loi indique que les conseillers doivent avoir pu prendre connaissance de toutes les informations avant de se prononcer. Ils doivent être « éclairés ». Nous aurions pu remettre exceptionnellement ce vote à une prochaine séance. Mais il fallut que cela arrive le jour de la visite du sénateur. Pas de chance !!! Et ce petit incident était très compliqué à accepter par le maire de notre commune qui explique à qui mieux mieux que tout ce qu’il entreprend est parfait. 




La délibération suivante concernait les forêts communales. Celles-ci sont gérées par l’Office National des Forêts qui propose chaque année l’exploitation de certaines parcelles. Cette délibération visait à refuser les coupes proposées par l’ONF pour 2019 et à ajourner les exploitations forestières jusqu’en 2025. Nous avons demandé des explications qui justifaient cette décision. « C’est après discussion avec l’ONF » nous a répondu Antoine Boisset. Nous avons du mal à comprendre comment tout cela fonctionne : l’ONF propose des coupes mais dans un second temps, elle dit qu’il ne vaut mieux pas les faire. Nous sommes restés perplexes face à ces explications…




De la forêt, on passe à l ‘eau, plus précisément aux réseaux d’eau. Un plan d’action est enfin proposé pour réduire les pertes en eau sur le réseau communal. Les travaux sont planifiés jusqu’en 2022 pour un montant total de 928 000 euros. Les secteurs concernés sont le Baptieux, les Loyers, le Nivorin d’en bas et la Côte d’Auran.

Cette partie sur les travaux s’est terminée avec ceux qui sont en cours autour du Nant d’Armancette. La commune va vendre au SM3A un ensemble de parcelles communales touchées par les nouveaux aménagements. Cela représente une surface de 2 hectares et la vente rapportera 56 500 euros à la commune. Comme nous abordions ce sujet, David a interrogé le maire pour avoir des informations sur l’avancement des travaux qui ont démarré ce printemps. Nos questions étaient nombreuses et elles correspondent à celles que se posent les habitants du village. Aucune information n’est donnée, et chacun découvre les aménagements au rythme des va et vient des bulls et pelleteuses « Tiens ? Ils creusent de ce côté !!! Et là, ils font une butte, Et là, ils ne font rien ?…. » . Beaucoup s’interrogeaient sur l’arrêt des travaux pendant l’été. Au 1er juillet, ils ont compris qu’une pause débutait. Et jusqu’à quand ? mi-août ? fin août ? mi-septembre ? Pourquoi aucune réunion n’a été organisée ? Pourquoi si peu d’information sur le site internet de la mairie pour un chantier d’une si grande envergure et qui doit durer 3 ans ? 




La réponse du maire a été « Je vous remercie Monsieur Mermoud ». « Et sur toutes mes questions ? Vous me dites juste Merci ? » a repris David. « Assez bien » a juste lâché le maire. Il fallait en déduire que les travaux se passaient assez bien. Nous avons compris que nous n’obtiendrions rien de plus. Ce refus de communiquer est incompréhensible. D’autant plus que le maire est vice-président du SM3A en charge de la maîtrise d’œuvre des travaux…. Faut-il en déduire que tout ne se passe pas comme le veut le maire et qu’il ne maîtrise pas tout le déroulé de ces travaux ? Ne peut-il pas imposer sa volonté et ses choix?




Nous avons constaté que même en présence d’un sénateur, le maire reste fidèle à lui-même lors des conseils municipaux et cela s’est confirmé pour les autres délibérations que nous aborderons dans 15 jours.


Lydie Roch-Dupland et David Mermoud


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mercredi 1 août 2018

Des délibérations diverses et variées.

Pour cet article, nous faisons un léger retour en arrière pour revenir au conseil municipal du 18 mai. Nous avons déjà évoqué les changements au parc de loisirs et les projets sur le chemin du Praz, mais il nous reste plusieurs sujets à aborder.

Les 2 premières délibérations concernent les relations entre la commune et l’ACCA (l’Association Communale de Chasse Agréée). Un bail de droit de chasse sur les propriétés communales avait été signé en septembre 1999 pour une durée de 18 ans. Pour que les chasseurs puissent sortir leur fusil en septembre prochain, ce bail doit être renouvelé. Une nouvelle version sera donc signée pour une durée, cette fois, de 30 ans. L’association des chasseurs des Contamines devra payer une redevance de 300 euros par an. De plus, ce contrat précise les conditions dans lesquelles les chasseurs doivent pratiquer leur activité sur l’ensemble de la commune.




Une seconde convention est signée entre la commune et les chasseurs pour l’utilisation du local mis à disposition par la commune. En effet, cette association occupe pour son activité une remise de 30 m² située au Nivorin-devant, au croisement entre la route de Nant-Fandraz et celle du Nivorin d’en bas. Ce local est utilisé pour les réunions des chasseurs et pour les opérations de contrôle du gibier. La nouvelle convention est signée pour une période de 12 ans sans aucun loyer. Mais les chasseurs s’engagent en contrepartie à réaliser des travaux de réparation de la toiture de la remise. (Remplacement de chevrons, étanchéité, couverture en tôles, …). Le coût de ces travaux prévus pour le printemps 2019 est estimé à 16 000 euros TTC. Voilà une belle économie pour la commune !!! Les chasseurs sont ainsi certains de pouvoir conserver leur local pour au moins 12 ans. Vu l’importance des travaux, il nous semble que le bail aurait pu s’étendre sur plus d’années ou que la commune aurait pu prendre en charge l’achat des matériaux nécessaires à la réparation. Si dans 12 ans, la commune récupère la remise pour un autre usage, les chasseurs qui auront travaillé pour remettre en état ce local communal n’auront pas été les gagnants de cette opération.




Les délibérations suivantes visent à obtenir des subventions. La première concerne une demande auprès du Conseil Départemental qui a mis en place le Fonds Départemental pour le Développement des Territoires. La commune espère obtenir des aides pour 2 opérations : la modernisation de la voirie communale et les travaux du presbytère. Les sommes sollicitées n’étaient pas indiquées. Espérons qu’elles seront élevées car les besoins pour la voirie communale sont énormes compte-tenu de l’état de certaines routes. En effet aucune réhabilitation n’a été effectuée sur les routes des Contamines depuis 4 ans et demi et la voirie communale est dans un piteux état…. Et là, ce n’est pas la faute des autres…. Mais peut-être que l’argent récolté ne servira qu’à financer la transformation du chemin du Praz, grande priorité du maire et de son équipe. 




Les travaux du presbytère ont enfin été lancés. L’ensemble de la toiture va être refait à neuf mettant ainsi fin aux fuites d’eau dans le grenier du bâtiment et dans les salles du premier étage. Le système de chauffage a été aussi réparé. Mais l’ampleur de ces travaux a été largement réduite par rapport à ce qui était initialement prévu. L’an dernier, le maire annonçait fièrement que la rénovation de ce bâtiment serait un exemple de ce qui pouvait se faire de mieux (reprise de la charpente et de la couverture avec isolation, isolation thermique par extérieur des façades, changement des fenêtres, changement de la chaudière, …). Mais toute la partie « isolation » est passée à la trappe. Les fenêtres actuelles seront conservées. La réfection du toit annoncée s’est transformée en un simple remplacement des chevrons et de la couverture endommagés et en une réparation du système de chauffage. Toutes les subventions espérées ont dû partir ailleurs …. Pourtant, on nous avait affirmé lors de précédents conseils que ces subventions étaient quasiment acquises. Encore des promesses non tenues… Comme la commune ne veut plus emprunter pour réaliser les travaux nécessaires, elle mise sur l’octroi d'aides de la région ou du département. Et quand celles-ci sont refusées, les travaux sont réduits au minimum. Pour information, c’est l’entreprise Roux de Magland qui a obtenu le chantier sur décision du maire.




D’autres subventions sont sollicitées pour la mise aux normes des accessibilités des équipements publics. Nous avons été surpris d’apprendre que le groupe scolaire est concerné par ces mises aux normes. Nous pensions que ce bâtiment récent avait été construit dans le respect des normes en vigueur pour l’accessibilité. Mais nous avons été vite rassurés, il ne s’agit là que d’ajouter quelques panneaux ici et là pour mieux informer les personnes à mobilité réduite ou des éclairages supplémentaires. En revanche le bâtiment de la mairie est loin d’assurer l’accessibilité de tous aux différents services. Une personne handicapée ne peut pas se rendre à l’accueil et encore moins à la salle du conseil municipal. Idem pour une personne avec une poussette. Diverses possibilités existent pourtant et auraient pu être réalisées durant les travaux de l’office du tourisme. Par exemple, les bureaux de la mairie auraient pu être descendus au rez de chaussée du bâtiment communal. Mais d’autres choix ont été faits par l’équipe municipale : la création d’une vaste salle pour Asters. 

Les travaux envisagés avec ces éventuelles subventions doivent permettre de faciliter l’entrée dans le couloir au rez-de-chaussée. Il est vrai que les 3 marches devant la porte représentent un premier obstacle. Une rampe d’accès doit être créée pour permettre de rentrer plus facilement dans le bâtiment. C’est une première étape mais on est très loin du compte. Certes l’affichage public (permis de construire, comptes-rendus de conseils municipaux, annonces diverses, …) sera accessible à tous mais l’accessibilité complète du bâtiment reste un vœu pieux. Ces travaux échoueront sur les épaules de la prochaine équipe municipale.




De la mairie, on passe rapidement à l’office de tourisme, là on nous emmène la délibération suivante. En mai 2015, suite à la création de l’EPIC, une convention d’objectifs était signée entre la commune et cette nouvelle structure de l’Office de Tourisme pour une durée de 3 ans. L’heure est donc venue d’en signer une nouvelle pour la même durée. Cela coïncide avec le changement de directeur. Après la mise à pied du précédent pour une période de 10 mois, l’EPIC est maintenant dirigé par Pascal Favier qui a travaillé précédemment dans les offices de Tourisme de Saint-Gervais et de Passy. Au moins, il connait bien la région !!! 


Pascal Favier,  directeur de l'Office de Tourisme


Avant de nous prononcer sur les objectifs pour les 3 prochaines années, nous avons demandé s’il était possible d’avoir un bilan de la précédente convention de 2015 à 2018. « On vous l’enverra » nous a répondu le maire qui n’avait visiblement pas du tout envie de se pencher sur la gestion passée de l’EPIC. Deux mois plus tard, nous n’avons toujours pas reçu de bilan de la précédente convention. Mais pour tout dire, c’est le contraire qui nous aurait surpris. A de multiples reprises et sur différents sujets, le maire nous a promis de nous faire parvenir des documents complémentaires suite à nos questions. Nous n’avons jamais rien reçu. Ce « on vous l’enverra » est pour Etienne Jacquet une façon de botter en touche !!!

Nous avons lu attentivement cette nouvelle convention. Celle-ci liste les missions de l’EPIC pour les prochaines années. Au regard des 3 années passées, on ne peut que s’interroger sur l’intérêt d’un tel document rempli de belles intentions qui finalement sont très peu suivies. Sur plusieurs pages, on retrouve toutes les missions que peut avoir un office de tourisme : offrir une information adaptée à la demande, assurer une mise à jour régulière des documents, renforcer le désir de découverte chez le visiteur, développer la consommation touristique sur le territoire, … . 

Tout cela est bien beau mais aucun outil n’est mis en place pour savoir en fin de période si ces belles intentions ont été réalisées ou non. Aucun contrôle régulier n’est prévu pour vérifier si l’importante subvention accordée par la mairie est correctement utilisée et si les actions mises en place répondent aux objectifs attendus. On est dans l’opacité la plus totale. A quoi sert de créer des conventions si aucun retour n’est effectué. Si on ne discute pas des erreurs ou des réussites ? Pourtant la mairie exige des résultats de la part des associations locales subventionnées. Si elles ne répondent pas aux exigences elles sont punies et ne reçoivent pas leurs subsides. On le voit : l’équipe municipale a des exigences drastiques pour certains mais s’accorde des libertés incroyables. On est toujours dans le deux poids deux mesures. 




Les mêmes objectifs étaient listés en 2015 et on peut constater qu’ils n’ont pas été atteints. On peut s’étonner qu’aucune obligation supplémentaire n’ait été ajoutée pour éviter que les dérapages financiers que l’on a connus ne se reproduisent. On aurait pu espérer voir l’apparition de contrôles plus strictes sur les comptes de l’EPIC ou des modifications du mode de gestion. Mais non, on continue comme si rien ne s’était passé, comme si le déficit de 900 000 euros cumulés n’existait pas.

Un autre point a retenu notre attention. Ce document précise « qu’il est demandé à l’EPIC Contamines Tourisme de mettre en œuvre une stratégie de promotion axée autour de la cible de la clientèle principale : la famille et le produit : la nature et l’environnement ».

Que la famille soit la cible principale de notre station n’est pas une surprise, elle l’est depuis des décennies. Cela se retrouve dans quasiment toutes les stations de sports d’hiver à quelques exceptions près. En revanche, on peut s’étonner que le « produit » proposé par les Contamines soit « la nature et l’environnement ». Où sont passés les idées de montagne, neige, ski, village, Mont-Blanc ? « Cela est présent dans la nature et l’environnement » nous a répondu la maire. Oui mais la mer, la campagne rentrent aussi dans la notion de nature et d’environnement !!! Voilà 2 mots qui veulent tout dire et rien dire à la fois et ils sont utilisés pour définir la stratégie des Contamines comme pour n’importe quel autre lieu touristique. On aura « Les Contamines-Montjoie : la nature et l’environnement » comme on aurait « La baie de Somme : la nature et l’environnement » ou « Les Cévennes : la nature et l’environnement ».


La baie de Somme : nature et environnement


Utiliser ces 2 mots pour définir le positionnement de notre station est une hérésie. Si encore on avait « La montagne et l’environnement » ou « La neige, le ski et la nature », ce serait tout à fait compréhensible. Tous les mots qui définissent les Contamines que nous connaissons ont été effacés au profit de « Nature et Environnement ». D’ailleurs il faudra nous expliquer l’intérêt d’utiliser 2 mots exprimant la même chose. 

Il est vrai que notre commune a la chance de bénéficier de la présence d’une réserve naturelle exceptionnelle mais il ne faut pas oublier que le tourisme s’est développé et continue à exister grâce à la neige, au ski et tout ce qui est lié. Si notre village est devenu une station qui compte, c’est principalement grâce à la qualité de son domaine skiable situé au cœur d’un site remarquable. L’oublier est une grave erreur. Même s’il est nécessaire de diversifier l’offre de loisirs à notre clientèle, la première raison qui fait venir les touristes aux Contamines est la neige et les sports de montagne.




De plus, l’utilisation de ses 2 mots « Nature et environnement » est presque risible au regard des actions de l’équipe municipale depuis 4 ans. Où sont les actions pour la nature et l’environnement ? On les cherche… On trouve plutôt la volonté de construire des immeubles de 21 mètres de haut qui viennent masquer les paysages, la priorité donnée aux voitures face aux piétons à de multiples endroits, le projet de mettre un revêtement sur le chemin du Praz pour des raisons incompréhensibles, la disparition temporaire de la gratuité des navettes, la velléité en début de mandat de créer un zoo à Notre-Dame de la Gorge… La politique municipale n’a jamais été portée sur l’environnement…. Ni sur la préservation des lieux fragiles ou remarquables. L’air du temps impose de se tourner vers des politiques environnementales sérieuses et protectrices, alors que rien de tout cela n'est mis en oeuvre depuis 4 ans. Mais ce n’est pas la première fois, et sans doute pas la dernière, que les actes sont en totale contradiction avec les paroles. 


Lydie Roch-Dupland et David Mermoud


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dimanche 15 juillet 2018

Le centre du village sauvé par un collectif ?

Depuis plusieurs mois nous n’avions plus de nouvelle du projet immobilier annoncé au centre du village. Le permis de construire avait été accordé le 14 décembre 2017, l’enquête publique pour le déclassement du parking avait suivi quelques semaines plus tard, mais depuis, rien ne se passait. Nous ne savions pas si les pelleteuses allaient arriver pour détruire la boucherie ou bien, si les promoteurs traînaient des pieds suite à d’éventuels problèmes administratifs. Aucune information ne venant de la mairie, il était très difficile de connaitre l’état de la situation.

Mais la semaine dernière, nous avons eu la surprise de découvrir la dernière « parution » de la commune. Bulletin municipal ? Lettre du maire ? Hors-série ? On ne sait plus comment appeler ce document. Qu’importe la forme, nous n’avons pas été déçus par le fond. Nous pouvons remercier le maire d’annoncer une très bonne nouvelle à une large partie des habitants permanents ou non du village : le projet immobilier du centre est bloqué pour 1 ou 2 ans. Nous ne verrons donc pas s’élever de sitôt sur la place du village les barres d’immeubles venant masquer le paysage du haut de leurs 21 mètres. Et nous pourrons encore nous garer facilement. Dans de nombreux articles de ce blog nous avons fréquemment expliqué pourquoi ce projet nous déplaisait tant. Aujourd'hui qu’il est bloqué nous ne pouvons que nous en réjouir. 





Pour le maire, en revanche, ce blocage semble difficile à avaler, lui qui a répété si souvent que SON projet verrait le jour contrairement à ceux des précédentes municipalités. Et pour expliquer cette déconvenue, il a trouvé un coupable idéal : le collectif Cocicomo. Les lecteurs fidèles de ce blog connaissent ce Collectif Citoyen des Contamines-Montjoie, à qui nous avions laissé la parole récemment pour qu’il puisse présenter ses différentes actions. Nous soutenons vivement ce groupement de personnes qui ont su s’engager pour défendre les valeurs auxquelles elles sont attachées. 

Cocicomo avait déposé un recours gracieux auprès de la commune suite à l’accord du permis de construire. Ce recours ayant été rejeté par le maire, la seule solution était d’engager un recours devant le tribunal administratif de Grenoble. Celui-ci a été déposé le 9 juin dernier, lançant ainsi une procédure qui pourrait durer jusqu'à 2 ans, voire davantage. 




Cette action venant fortement contrarier les grands projets du maire, celui-ci s’en prend vivement aux membres du bureau de Cocicomo allant même jusqu’à les menacer de représailles devant la justice. Ils sont accusés de tous les maux : « opposition systématique, refus du dialogue, colportage de rumeurs farfelues »,… Ils sont désignés à la vindicte populaire comme étant ceux qui viennent empêcher le village de se dynamiser et d’être les obstacles à un avenir supposé radieux. Ce papier qu’on peut qualifier de torchon, dans lequel il tente de donner en pâture des citoyens contaminards serait risible, si ce n’était pas si triste… Triste pour les Contamines… Cette méthode archaïque et utilisée pour manipuler une population jugée crédule, montre bien le peu de respect que porte ce maire de village à ses concitoyens. Bienheureusement, les habitants des Contamines, pour la grande majorité ne sont pas aveugles et réfutent largement ces basses actions, payées par les deniers publics ! 




Ce document distribué par les élus Thierry Mirabaud, Gilles Brotel et Alain Musard dans les commerces a été édité à 1 700 exemplaires. Il serait intéressant de demander le coût d’une telle campagne de discrimination. Ce sont nos impôts qui permettent au maire de tenter de salir des habitants du village. Les membres du Bureau réagiront peut-être pour rétablir toutes les vérités. La réponse qu’ils apporteront sera celle du collectif et non pas celle des cinq personnes citées. Le fonctionnement d’un collectif, n’est pas celui, comme aux Contamines, d’une mairie dirigée par une seule personne qui veut tout contrôler ! En attendant nous ne pouvons que les féliciter de s’être ouvertement engagées pour porter la parole de tous. Et face à ce document indigne d’un premier magistrat d’une commune, nous avons souhaité apporter quelques éléments de réflexion. 

Ainsi le maire des Contamines vient se plaindre comme Caliméro : « 5 méchantes personnes ont bloqué la construction de mon beau et grand immeuble sur la place, c’est vraiment trop injuste… ». Mais si on regarde en arrière, on peut se rendre compte que le dossier avait peu de chance d’aboutir. 




Comme le rappelle ce document, toutes les municipalités précédentes ont cherché à réaliser des travaux pour moderniser le centre du village. Aucun des projets n’a pu aller à son terme. Nécessitant plusieurs années de développement, leurs concrétisation a souvent été remise en cause par les échéances électorales, le centre du village devenant le sujet principal des élections municipales. Il faut dire que ce sujet est des plus clivant, chacun ayant à l’esprit sa vision de ce que doit devenir le centre des Contamines. Entre ceux pour qui il ne faut rien changer et ceux qui voudraient tout raser, il y a un gouffre !!! Un projet faisant l’unanimité semble impossible. S’il y a un sujet à prendre avec des pincettes aux Contamines, c’est bien celui-là. 

Nous aurions pu imaginer qu’une nouvelle municipalité tienne compte de tout cela et avance sur ce sujet avec douceur et délicatesse. Les possibilités étaient multiples pour que la population s’approprie ce dossier et que le projet soit développé en accord avec le plus grand nombre : réunions d’informations préalables, groupes de réflexion, explications des avantages et inconvénient des différentes solutions, référendum pour choisir le lauréat,… Le projet de l’ancienne municipalité avait été arrêté devant l’échéance électorale, par souci de cohérence, afin de permettre aux nouveaux élus d'éventuellement remanier le projet. L’équipe d’Etienne Jacquet l’a jeté aux orties, certains conseillers ne l’ont même jamais vu. 


Projet de Quanim Escrim

La douceur et la délicatesse ne sont pas dans les manières du maire. Au lieu de tenir compte des erreurs du passé, il les a reproduites, et même amplifiées. Pas de discussion, pas de concertation, les contaminards doivent accepter LE projet choisi par le maire. Et s’il ne leur plait pas, il leur sera imposé et ils devront l’accepter. "Super Jacquet" allait réussir là où tous les autres avaient échoué. Mais l’équipe municipale a oublié un détail : au soir du 20 mars 2014, elle n’a été élue qu’avec une seule voix d’avance, lui donnant certes la majorité mais aussi l’opposition la plus importante qu’on puisse trouver et représentant 49.88 % des votants. 

Dans une telle situation, n’importe quel nouvel élu aurait compris sa position majoritaire relative et aurait cherché à travailler avec l’opposition forte en nombre. L’échange et le partage d’idées auraient dû être au centre des préoccupations de la majorité du conseil afin d’avancer des projets cohérents et créer une coalition constructive, vraiment tournée vers l’avenir du village. Mais l'équipe municipale a fait tout le contraire : exclusions des élus d’opposition des commissions municipales, mépris des citoyens et des idées différentes des siennes, critiques systématiques des municipalités précédentes, refus des questions du public lors des séances du conseil municipal, informations quasi inexistantes ou toujours très critiques, décisions incompréhensibles, arrêt de tous les projets datant d’avant mars 2014 (médecin, ski-roue, carrefour des Loyers…etc…) … Toutes les conditions étaient réunies pour que des personnes qui ne partagent pas la vision de la majorité, s’activent et se rassemblent pour défendre leurs convictions. Si le premier magistrat se plaint maintenant de l’existence d’une opposition forte à ses projets, il en est le seul responsable. 





Quand le projet du centre est revenu d’actualité, il est clairement apparu que l’avis des Contaminards et des résidents non permanents ne seraient pas entendu. Nous ne reviendrons pas ici sur les conditions étranges pour le moins, dans lesquelles le choix du lauréat s’est déroulé (règlement modifié pour l’un des projets, les autres candidats non informés de ces changements, lauréat qui annonce sa victoire plusieurs jours avant la décision du jury,…). C’est le projet de Quanim-Escrim qui avait été choisi, c’est le projet qui devait être réalisé !!! Le maire a tout tenté pour imposer ce projet qui lui tenait tellement à cœur. Il s’est même acharné, contre tous. Tout au long du processus qui a suivi, les signes de la contestation n’ont pourtant pas manqué. Ainsi la procédure pour modifier le POS a été annulée suite à l’avis défavorable du commissaire enquêteur. On peut se rappeler de la forte mobilisation de tous à cette occasion pour affirmer le refus de ce projet par la population. Suite à cela, le permis de construire avait été retiré par le promoteur. Lors de l’enquête publique pour le PLU, ce sujet a fait ressortir de nombreuses remarques négatives : beaucoup s’opposant à la création d’une zone spéciale pour ces immeubles, leur donnant la possibilité de s’élever jusqu’à 21 mètres. 



Extrait des plans du permis

Mais sans écouter et sans tenir compte de tout cela, le maire et ses conseillers ont continué à faire avancer le dossier, espérant le voir démarrer au plus vite et pensant sans doute faire taire les oppositions. Mais celles-ci ont repris vigueur en découvrant les plans et les détails de ce permis. Un aménagement du centre avait été annoncé, ce n’était finalement qu’un programme immobilier, sans cohérence avec les paysages, ni intégration de la place… Aucun stationnement supplémentaire, une place de village réduite, aucun aménagement pour les piétons,… De plus dans le projet d’hôtel et de résidence de tourisme, les incohérences sautaient aux yeux à l’examen des plans : un bloc massif supprimant toutes les vues remarquables sur les sommets environnants, un hôtel 4 étoiles sans salle de réception, un local commercial de 16 m², de très nombreux appartements en vis-à-vis, un nombre de place de stationnement insuffisant, … pour ne citer que quelques exemples. Les réactions ont été vives dans le village et une toute petite poignée de commerçants a eu beau afficher sur leur vitrine une version enjolivée de ce projet tant par la forme que par les hypothétiques retombées, le charme n’a pas pris, loin, très loin de là.





Le Collectif Citoyen des Contamines-Montjoie, qui compte près de 200 membres a décidé de réagir. C’est grâce aux dons de très nombreuses personnes, qu’il a pu engager une action en justice. On est loin des 5 individus désignés par le maire. Cette procédure devant le Tribunal de Grenoble est une volonté de tous de ne pas voir apparaître au cœur des Contamines un immeuble venant défigurer le paysage. Il ne s’agit pas de refuser un développement de la station, bien au contraire. Le souhait partagé est de conserver toutes les caractéristiques de notre village de montagne. Il est vrai que le centre des Contamines a besoin d’un aménagement, il est vrai aussi que les projets avancent dans les autres stations, mais est-ce une raison pour accepter de faire n’importe quoi et n’importe comment ? Les Contamines méritent tellement mieux que ça. 




Grâce à cette action de Cocicomo, le début des travaux est repoussé. Pour combien de temps ? 6 mois ? 1 an ? 2 ans ? Peut-être ce projet ne verra-t-il jamais le jour ? Tout dépendra du calendrier de la Justice. Les délais de traitement des dossiers sont très longs, il faut souvent patienter plusieurs années pour qu’un jugement soit rendu. Mais ce délai ne peut pas être imputé au Collectif.  

Dans sa lettre, le maire accuse Cocicomo d’être à l’origine du blocage du dossier. Mais cette vive réaction n’est-elle pas l’excuse providentielle pour venir masquer un projet qui prenait l’eau ? On peut s’étonner de la réaction de la mairie et du promoteur face à ce recours contre le permis. Ce type de procédure est assez banal, de très nombreux permis de construire sont attaqués. Les promoteurs n’ont-ils pas envisagé cette possibilité dans leur planning ? L’équipe municipale est très entourée de légistes en tout genre : une juriste fraîchement promue à un poste A de la fonction publique territoriale, et des cabinets d’avocats spécialisés en droit public. Au dernier conseil, le maire a pris une décision unilatérale : il a choisi pour la deuxième fois de son mandat un cabinet d’avocats pour la modique somme de 220 000 euros pour deux ans. 




Le maire est tellement sûr de lui : selon lui, il est évident que l’action engagée n’aboutira pas. Il peut sans difficulté, avec les promoteurs, commencer les travaux. Dans ce cas, l’avocat du Collectif Citoyen pourrait saisir la justice en référé. Et si le projet immobilier du centre est aussi parfait que le dit le maire, le processus législatif serait réglé en 6 mois ! Les travaux définitifs du centre d’Etienne Jacquet verraient le jour dès le printemps prochain. L’attitude du premier édile, sa recherche de responsables à cet échec, prouve bien que ce projet est mal ficelé et qu’il le sait….. Il est plus simple de prendre des boucs émissaires plutôt que d’admettre que la population aurait dû être écoutée et que le projet aurait dû être établi dans les règles de l’art, au lieu de faire un forcing pour imposer à tout prix ce programme immobilier qui a fait un véritable consensus contre lui.



Et qui peut croire qu’un collectif de simples citoyens contaminards serait capable de bloquer un projet développé par des professionnels de l’immobilier, entourés d’une armée de juristes si ce permis n’était pas rempli d’éléments factuels démontrant qu’il n’est pas valide ? Sans doute, les arguments avancés par l’avocat de Cocicomo sont valables et mettent en lumière tous les défauts et les irrégularités de ce permis de construire et démontrent de manière irréfutable l’infaisabilité de ce programme.

La lettre distribuée dans les Contamines a pour titre « Le projet centre village bloqué par une association ». Ce titre ne reflète pas la réalité. « La fin annoncée d’un projet immobilier mal conçu et mal géré » aurait été plus adapté et proche de la vérité.


Lydie Roch-Dupland et David Mermoud


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dimanche 1 juillet 2018

Le chemin du Praz : la dernière lubie du maire

Après notre article sur les nouveautés du parc loisirs, nous restons dans le secteur du Pontet mais nous nous concentrons aujourd’hui sur le chemin du Praz. Ce dossier est revenu doublement d’actualité. D'une part, ce sujet était à l’ordre du jour du conseil municipal du 18 mai et d’autre part nous avons vu dans le couloir de la mairie une affiche pour une modification du projet de ski-roue.




Reprenons les choses une à une. Quand nous avons reçu la convocation pour le conseil municipal du 18 mai, nous avons été très surpris de lire l’intitulé du point 4.1 « Demande de subvention pour la réhabilitation de chemin du Praz ». Très intrigués, nous avons lu attentivement le paragraphe juste en dessous : « la commune souhaite restaurer le chemin du Praz pour valoriser cet espace et améliorer son accessibilité aux personnes à mobilité réduite, aux familles avec poussettes et aux cycles. Le programme envisagé est d’appliquer un géotextile sur le chemin reprofilé avant l’application d’un matériau de type salève (calibre 0/10 de couleur clair) qui sera compacté. La portion concernée démarrera du parking du foyer de fond jusqu’aux tennis ».

« Réhabilitation », « restaurer » …. Face à ces mots nous étions soudain très inquiets. L’hiver 2018 a-t-il été si terrible au point que le chemin du Praz en ait souffert ?? Nous imaginions déjà qu’un glissement de terrain ou un affaissement d’une partie de la voie avaient grandement détérioré ce sentier. Du coup, nous nous sommes rendus sur place pour constater l’étendue supposée des dégâts. Nous avons parcouru ce chemin en large et en travers à la recherche des traces de dégradations nécessitant une demande d’une aide à la Région pour financer des travaux de « réhabilitation ». 


Mais en ce printemps 2018, le chemin du Praz est tel qu’il est depuis des années. Un peu de boue sur les côtés après la pluie, quelques flaques qui peuvent se compter sur les doigts d’une main et quelques petits creux et bosses ici et là. En gros, c’est un sentier pédestre. De plus, cette portion entre le parking du ski de fond et les tennis est celle qui est en meilleure état. Plus loin, le relief est largement marqué, la boue plus répandue, les flaques plus nombreuses. Et on ne parle là que de la partie qui va jusqu’à Notre-Dame de la Gorge. Si on compare avec l’ensemble du chemin baroque sur notre commune depuis le Plan du Moulin, cette portion peut être notée comme étant d’une qualité exceptionnelle. A certains endroits, le sentier est souvent difficilement praticable par les piétions, il peut être dangereux avec des jeunes enfants, infranchissable pour les personnes à mobilité réduite et ceux qui ont voulu l’emprunter avec une poussette s’en souviennent encore. Pour la partie entre le Centre et le Plan du Moulin, un large programme de restructuration serait nécessaire.



Lors de la séance du conseil municipal, nous avons enfin obtenus quelques explications de la part du maire qui a tenté de justifier cette réhabilitation devenue selon lui indispensable. Pour cela, il a usé de tous les mots adaptés et dans l’air du politiquement correct : accessibilité, mobilité douce, cheminement lisse, ….. Le but est de faire « quelque chose de propre ». Sur les moyens utilisés, les mots étaient choisis : du gravier fin, du tout-venant compacté. Nous avons même eu droit à l’exemple du SM3A qui crée un chemin comparable entre Passy et Genève. On voit bien arriver les prochaines élections dans le phrasé choisi par le premier édile qui veut faire passer la pilule du revêtement du chemin du Praz !

Pour tenter de noyer le poisson, cette annonce a été couplée à l’amélioration d’une autre partie du chemin du Baroque. En effet la subvention de 30 500 euros sollicitée à la Région vise aussi à créer une section nouvelle à ce chemin piéton. A la sortie des hameaux du Lay en direction de la Gorge, les piétons et cyclistes doivent emprunter le bord de la route départementale pour rejoindre le parking du ski de fond. Cela est peu agréable et souvent dangereux. Le projet présenté vise à poursuivre le cheminement sur le côté du champ, le long du Bonnant. En hiver, cet accès existe déjà mais en été le terrain est utilisé par un agriculteur et le champ est clôturé pour parquer des vaches. Des discussions seraient en cours avec le propriétaire mais d’après la réponse que nous avons obtenue nous avons compris que la convention est loin d’être signée. De plus, depuis la mise en place du nouveau PLU, on sait que, dès qu’un terrain est utilisé par agriculteur, il devient très compliqué, voire impossible d’en faire un autre usage…. 



Il est vrai que la création de cette section du chemin serait une très bonne chose pour l’ensemble des usagers des sentiers des Contamines , nous en sommes persuadés et l’avons affirmé lors du conseil municipal. En tous cas sa création nous semble largement plus  justifiée que les travaux annoncés sur la section du chemin du Praz. L’ensemble des travaux est estimé à 85 000 euros HT. Quelle est la part pour la réalisation du chemin entre le Barratet et le parking ? Quelle est la part pour la restauration du chemin entre le parking et les tennis ? Nous n’avons eu aucune indication. 



Nous n’avons pas eu non plus de détails techniques sur « le géotextile sur le chemin reprofilé ». Nous ne sommes pas des spécialistes des travaux publics mais le reprofilage d’une voie nécessite l’emploi de pelleteuses ou d’engins du même type pour décaisser la partie supérieure du chemin. « Il faut une tenue dans le temps pour ne pas faire du remblais en permanence » a ajouté le maire. Pour nous « tenue dans le temps » veut dire reprise de l’ensemble de la chaussée. Ce ne sera pas juste du gravier fin étendu avec un râteau sur le sentier mais des travaux de grande ampleur. Enfin, tout le monde sait que ce secteur est très humide. Entre le ruisseau qui coule sur le côté, les arbres tout autour et les terrains gorgés d’eau à proximité, il est logique qu'il y ait de la boue de temps de temps. Quels travaux devront être entrepris pour assécher tout cela ? 

Pourquoi cette obsession de vouloir rendre ces quelques mètres de chemin lisses et parfaits alors qu’il ne s’agit justement que d’un sentier piéton si apprécié tel qu’il est actuellement. Pour rappel, ce chemin est praticable sans la moindre difficulté aux fauteuils, aux poussettes, aux personnes se déplaçant avec canne ou béquilles…. Le maire a encore argumenté en expliquant qu’on ne pouvait pas continuer à remplir les nids de poule avec des camions de tout-venant, parce que cela dérange les usagers. Alors, pensons à des méthodes adaptées : l’utilisation d’ânes ou de mules parait parfaitement adéquat à ce genre de petits travaux de voirie. Dans beaucoup d’endroits montagneux, le débardage est effectué de nouveau avec des animaux.



Aux Contamines, dans ce site privilégié et superbe, le maire propose de dévaster l’écosystème existant pour faire une route lisse : le revêtement de type Salève rend le sol dur et imperméable. Pour le déposer, il faut « reprofiler » le chemin, c'est-à-dire le remanier, le renforcer, le travailler à l’aide de bull dozers, de gros camions….. Quid des frayères et de toute la biodiversité animale et floristique présente dans ces zones humides ? Les grenouilles vont disparaître de ce lieu… Tout le monde sait qu’il est indispensable de protéger ces espaces si fragiles. Tout le monde ? Pas sur, vu l’acharnement que met le maire à vouloir absolument rendre ce chemin piéton accessible ... aux véhicules légers…. Après avoir tenté de dénaturer Notre-Dame de la Gorge à grand renfort de places de parking au pied de la chapelle, et en refusant son classement en site inscrit, le maire s’en prend maintenant à un autre lieu si cher à chaque contaminard et à chaque amoureux du village.





L’accès principal du parc de loisirs est celui situé à côté du parking du Pontet. A cet endroit, on trouve des flaques, de la boue, des creux, des bosses... Et aussi à l’intérieur du parc, l’accès entre le pont et le lac de baignade est loin d’être parfaitement lisse et plat. De l’autre côté en direction du restaurant, des travaux ont été réalisés ces jours-ci. C'est maintenant, entre le minigolf et les jeux d’enfants, une vraie autoroute, …. Pour être lisse, c’est lisse : un billard ! Cela nous inquiète au plus haut point. Le maire a donné comme exemple de l’amélioration de la mobilité ces travaux dans le parc de loisirs. Ils sont réalisés pour faciliter l’accès des fauteuils roulants notamment pour le tournoi handisport du mois de juillet prochain. Pour se rendre compte de l’aspect futur du chemin du Praz, il suffit donc de se rendre au parc de loisirs pour admirer ce revêtement qui ressemble tant à du goudron….





Enfin, quand on voit la politique engagée par cette municipalité depuis 4 ans à propos du handicap (traversée très difficile du village en fauteuil ou avec poussette, accès impossible à la mairie malgré des travaux d’envergure…etc…) et de la mobilité douce (aucun trottoir restauré ou créé…etc…), on ne peut que s’étonner de cet intérêt soudain pour ce sujet. La mairie qui crie au manque d’argent, va dépenser plus de 50 000 euros pour améliorer un sentier en parfait état !!!

Comme le maire expliquait qu’il fallait que ce chemin soit le plus agréable possible pour les promeneurs, nous l’avons interrogé pour savoir comment cela pouvait fonctionner avec la piste de ski-roue prévue au même endroit. Les plans déposés de ce projet sont clairs : le chemin du Praz est compris dans le tracé de la future piste. Sur le plan contenu dans le dossier, les pistes sont indiquées par un trait orange et le chemin du Praz est coloré en orange. Le premier magistrat nous a affirmé le contraire avec aplomb. Alors soit il ne sait pas lire un plan, soit les plans sont faux. Ce qui est très gênant pour un document officiel d’un permis d’aménager. 



Pour abréger les discussions gênantes, le maire a alors affirmé « on va le sortir du projet, comme ça il n’y aura plus d’histoires avec ce chemin ». Il faut croire que cela n’était pas juste une annonce en l’air car la demande de permis modifiée est affichée dans le couloir de la mairie avec l’intitulé « modification du projet de ski-roue ». Actuellement, il n’est pas possible de consulter le dossier pour savoir quelle est précisément cette modification. Chacun en aura la possibilité quand le permis sera accordé. Mais on peut quand même espérer que ce permis a été revu pour extraire le chemin piéton du tracé du projet sportif. Cela serait une décision raisonnable même si elle arrive bien tard et surtout après le refus de la demande dans ce sens du Collectif Citoyen des Contamines Montjoie, Cocicomo (Cf article du 15 avril "Des procédures judiciaires en cours"). Bien sûr, dès que cela sera possible, nous consulterons le nouveau dossier pour avoir des garanties officielles. 



En même temps, on se demande si cette modification du permis ne permet pas de réaliser cette tranche de travaux sans attendre la concrétisation de cet équipement sportif et sans dépot de permis. Le maire a décidé que le chemin du Praz serait rapidement lisse comme un billard. Est-ce vraiment pour les personnes en fauteuil ou pour améliorer l’accès des quelques résidents de la Duchère ? 

Il semble donc que le chemin du Praz ne sera pas transformé en une piste goudronnée de ski-roue mais la réhabilitation annoncé ne nous ravie pas davantage. Elle vise de la même façon à dénaturer ce lieu pour des raisons difficilement compréhensibles. Pourquoi tant d’acharnement, avons-nous envie de demander ? Pourquoi ne pas préserver ce qui peut l’être ? Au-delà de l’aspect personnel, le travail de chaque responsable politique est de sauvegarder au maximum ces portions de planète de la folie des hommes, afin de remettre aux générations futures des espaces préservés. Aux Contamines, le responsable exige des travaux de terrassements, de recouvrement de cette terre par « l’application d’un matériau… qui sera compacté ». Où est l’intérêt de tels aménagements ? Pour qui ? Pour quoi ? Qui regardera ses enfants dans les yeux en ayant laissé ravager le Chemin du Praz ? 

Nous avons voté naturellement contre cette délibération et nous l’avons proclamé haut et fort au moment de lever la main. "Contre, totalement contre" Mais pas suffisamment fort sans doute, puisque le compte-rendu paru sur le site de la mairie indiquait « vote à l’unanimité ». Nous avions souligné ce point dans notre article du 15 juin et quelques jours plus tard, ce compte-rendu a été modifié : « 10 pour, 2 contre ». Nous en déduisons que nous avons des lecteurs assidus et attentifs au sein de l'équipe municipale. Reste à vérifier quelle version a été envoyée à la préfecture….


Version 1 
Version 2




Le 15 avril, nous avions laissé la parole au Collectif Citoyen des Contamines-Montjoie. Celui-ci nous a demandé de vous donner quelques informations. L’appel aux dons a été entendu : plus de 7 000 euros ont été récoltés pour financer les actions en justice. Le Collectif remercie chaleureusement tous ces généreux donateurs et invite à rester vigilants ! Les procédures suivent leur cours et les prochaines échéances nécessiteront encore un effort de tous.

A noter : conseil municipal ce mardi 3 juillet à 20h

Lydie Roch-Dupland et David Mermoud


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