jeudi 12 mars 2020

L'arnaque

Fin février, nous avons tous reçu dans notre boîte aux lettres, un document présentant le bilan de l’équipe municipale. Dans son texte d’introduction, Etienne Jacquet explique que la veille d’une échéance électorale doit être un temps de réflexion sur le bilan du mandat. Pour que cette réflexion soit complète, nous avons souhaité vous apporter des éléments d’information complémentaires en nous arrêtant sur quelques sujets représentatifs de ces 6 années.




Certains passages de ces 30 pages nous ont paru tellement éloignés de la réalité que nous n’avons pas pu rester les bras croisés. Ce qui est présenté est tellement différent des faits dont nous avons été les témoins privilégiés et que nous avons relatés dans notre blog mois après mois. 

Avec toute la modestie qu’on lui connait, le maire brosse un portrait glorieux de sa gestion de la commune depuis 2014 : une fréquentation touristique record, des relations idylliques avec la SECMH, des liens riches et fructueux avec les communes voisines, des associations choyées, un personnel communal comblé, … Pourtant, quand on discute avec les principaux intéressés, on constate rapidement que la réalité est très différente. Les échanges avec les remontées mécaniques ne se font quasiment plus qu’avec des courriers en recommandé, les relations sont glaciales avec les maires des stations voisines (pas seulement St-Gervais) et les associations doivent sans cesse quémander un peu d’aide. Quant au personnel communal, une grande partie désespère de pouvoir travailler dans des conditions normales avec un minimum de respect et sans subir les sautes d’humeur d’un maire caractériel.

Le dictateur
Dans son texte, Etienne Jacquet fait mention de projets construits dans l’écoute et la concertation. Ces 2 notions n’ont jamais existé pendant toutes ces années. Quelle concertation est possible quand les élus de l’opposition sont exclus de toutes les discussions ? Et pour pouvoir écouter, encore faut-il laisser la parole aux autres. Nous rappelons que pendant 6 ans, les questions du public ont été bannies des conseils municipaux. Ceux qui étaient contre une idée avaient forcément tord ou, au mieux, n’avaient rien compris. Tout ce qui n’avait pas été proposé par le maire était d’office écarté. 

Le magicien d’Oz
Pourtant, quand on regarde les décisions prises pendant ce mandat, toutes n’ont pas été si brillantes, loin de là. Un exemple flagrant : l’office de tourisme. Etienne Jacquet explique que les Contamines n’ont jamais connu une telle progression de la fréquentation, chiffre à l’appui : + 27 % rien que ça. Comme souvent, les chiffres sont sortis du chapeau sans les explications nécessaires. Ainsi la centrale de réservation aurait connu une hausse de 27% de son chiffre d’affaire à l’été 2019. Oui mais, par rapport à quoi ? A l’été 2018 ? à l’été 2014 ? C’est si facile d’annoncer des chiffres comme ça sans aucune explication. Nous avons interrogé plusieurs professionnels de la station à propos de cette supposée progression spectaculaire de la fréquentation. A leur grand regret, pas de trace des 27% avancés par le maire dans leurs caisses. D’autres chiffres sont annoncés là aussi pour épater la galerie : rendez-vous compte, 37 900 abonnés Facebook !!! …  alors qu’ils sont 47 000 pour les Saisies, 62 000 pour Saint-Gervais et 131 000 pour le Grand-Bornand…




La folie des grandeurs
A en croire le maire, tout s’est merveilleusement passé à l’Office de tourisme pendant ce mandat. Aucun problème, aucun souci… Quelle vision troublée des faits quand 6 directeurs se sont succédés en 6 ans. Un bien malheureux record pour une station. Qui peut être convaincu qu’une structure qui connait de tels chambardements peut réellement fonctionner normalement et aboutir à des résultats positifs ?  Nous sommes arrivés à une situation dans laquelle l’office de tourisme travaille sans relation avec les remontées mécaniques, les commerçants, les restaurateurs et hôteliers, les moniteurs, … Côté finances, la gestion a été aussi calamiteuse. Au début du mandat, ça dépensait sans compter : des concerts en veux-tu en voilà, des fêtes, des réceptions, … l’argent coulait à flot !!! Le maire et le directeur de l’EPIC étaient inséparables, comme deux larrons en foire, transformant la terrasse de la Bérangère en annexe de la mairie et partant ensemble faire des salons en Belgique. Etienne Jacquet ne manquait jamais l’occasion de faire des louanges de son nouveau meilleur ami.

C’est pas moi, c’est lui
Mais quand les caisses ont été vides (plus de 600 000 euros de dettes), la facture a été très lourde pour les finances communales.  Se déclarant ni responsable, ni coupable, le maire n’a pas hésité une seconde à faire porter l’entière responsabilité de ses fautes sur le directeur de l’Office. Celui-ci aurait tout dissimulé au Trésor Public et aux élus. Et qui était président de l’EPIC soumis à un devoir de vérification de la gestion de cette structure ? Monsieur le maire. Quand on accepte des responsabilités, il faut savoir assumer ses erreurs … Le « c’est pas moi, c’est lui », est un tantinet immature quand sonne l’heure du bilan.

L’usurpateur
En fait c’est simple, s’il y a un problème, c’est toujours à cause d’une tierce personne, d’une autre commune, d’un organisme régional, … En revanche, pour accaparer les réussites des autres, aucun souci, le maire des Contamines est le champion dans ce domaine. Un permis de construire est déposé, le Département goudronne la traversée du centre du village, la communauté de communes installe des conteneurs pour les ordures ménagères, un commerce ouvre dans le village, un hôtelier effectue des travaux, … Etienne Jacquet n’hésite pas une seconde à récupérer tout cela dans son bilan. Tout ce qui peut servir sa campagne est bon à prendre. Il a juste la décence de ne pas s’attribuer la hausse de la natalité dans notre village en 2019 !!! Par contre, pour toutes les activités qui ont fermé depuis 2014 (la Cendrée, la boucherie, la blanchisserie, le Totem, le Savoisien, « Atout toile », la résidence du Bonhomme transformée en appartements, ...), pas un mot. Pas un mot non plus sur l’état pitoyable de la voierie communale, sur l’état de délabrement du toit de l’église, sur l’absence de travaux d’isolation des bâtiments communaux,  sur l’arrêt des travaux de réfection de Notre Dame de la Gorge…

Avec la même volonté de récupérer tout ce qui est possible, ce bilan reprend même des dossiers lancés par la précédente municipalité. Ainsi le projet de la centrale hydroélectrique a été validé par la commune en 2012 à la suite d’une proposition de la société Quadran. L’équipe actuelle n’a fait que suivre le dossier. Par ailleurs, après l’avoir tellement critiqué, ce bilan ose sans aucun scrupule mentionner le jardin Samivel dans la liste des réalisations. Il faut quand même savoir que le maire rêvait de démonter les panneaux pour vendre le terrain à un promoteur immobilier… Quant au paiement des factures, c’est la justice qui l’a forcé à les régler à l’entreprise Esope, avec dommages et intérêts !!!




Voleur d’histoire
Un autre exemple pour bien comprendre comment Etienne Jacquet a gonflé artificiellement son bilan. Dans la rubrique « Patrimoine », plusieurs réalisations sont listées. Ce sont en réalité essentiellement des actions de l’association Mémoire, Histoire et Patrimoine qui, à chaque fois, a dû demander l’autorisation à la commune. Ainsi le remplacement de la porte de la chapelle du Baptieu, initié par cette association, a été totalement financé grâce aux dons collectés à l’occasion d’un concert de chants corses. La seule action de la mairie : accepter que ces travaux soient réalisés. Il en va de même pour le panneau d’information installé devant l’église : il a été imaginé, préparé, commandé et payé par cette même association. 

Etienne Jacquet se découvre un intérêt soudain et très opportun pour le patrimoine des Contamines. En 2015, il avait choqué de très nombreuses personnes en s’opposant officiellement au classement de l’église de Notre-Dame de la Gorge. Quant aux travaux de restauration de la chapelle de la Chapelle, il a fallu que, là encore, l’association du patrimoine signale à la mairie le très mauvais état de l’édifice, prépare un dossier pour convaincre les élus de s’intéresser à la question, les relance régulièrement, pour qu’enfin des travaux soient entrepris. Au diable les scrupules, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme … et se récupère pour remplir ces 30 pages …

Non, tu exagères !!!
Les réussites, c’est comme la confiture, quand on en n’a pas beaucoup, il faut les étaler. Ceux qui ont lu attentivement les 30 pages auront peut-être remarqué que chaque réalisation est citée 2, 3 ou 4 fois. Il faut bien remplir !!! Ainsi le parcours Nature et Patrimoine le long du Bonnant est mentionné à 6 reprises… Et comme si cela ne suffisait pas, la réalité est bien souvent enjolivée. Quelques réparations urgentes ont été réalisées au centre équestre. Cela est transformé en une « rénovation du centre équestre », les poteaux de la salle principale de l’espace animation ont été repeints. Cela devient « une salle d’animation repeinte et décorée ». Le pire est atteint avec l’annonce de « Quatre nouveaux médecins installés ». Dans les faits, ce sont 4 médecins qui assurent, à tour de rôle, une présence dans le cabinet médical pendant la saison hivernale. Le mot « installé » est quelque peu exagéré.

Amour, vengeance et trahison
Dans le même ordre d’idée, le maire se glorifie d’avoir instauré une redevance de 200 000 euros payée par la SECMH. Il n’en est rien, la redevance remplace une convention qui existait déjà avec les précédentes municipalités (contributions financières et large participation aux événements de la station). La SECMH a simplement accepté d’augmenter la redevance en contrepartie du maintien de la gratuité des navettes. Autre inexactitude, la commune n’a jamais financé de canons à neige. Pourtant le maire devrait le savoir vu les relations privilégies qu’il entretient avec les remontées mécaniques…




Des plans sur la comète
Enfin la dernière technique utilisée pour enrichir ce bilan bien maigre, est de compter parmi les réalisations celles qui ne sont qu’au stade du projet. La liste est longue : le projet de la maison du tour du Mont-Blanc, le projet de garage automobile, le projet de logements sociaux au Plane, le projet de lits chauds et, bien sûr, le projet du centre. Le maire nous parle de 868 lits chauds, tableau à l’appui. Mais concrètement, où sont-ils ? A quel endroit ont-ils été construits ? Nulle part. Le maire confond le passé et l’avenir, un bilan et un budget. A-t-il oublié que la concrétisation d’une grande moitié de ces 868 lits chauds est conditionnée par des actions en justice qui peuvent durer des années ? Concernant la proactivité des élus pour attirer d’éventuels investisseurs, elle n’est pas prouvée : le projet au sommet des Loyers est clairement à l’initiative de 2 entreprises privées qui ont déposé leur permis de construire sans aucun contact préalable avec le maire. 

Justice est faite
En 2014, le candidat Etienne Jacquet promettait qu’il réaliserait l’aménagement du centre du village. 6 ans plus tard, il a beau écrire que cet engagement est respecté, il est simple de constater que rien n’a changé. Tout est dans la même situation qu’en 2014, voire pire pour la sécurité des piétons qui essaient de trouver un passage entre les véhicules. Le projet est toujours à l’état de projet. Le maire s’est pris les pieds dans le tapis : le Tribunal de Grenoble a, en décembre, reconnu que la procédure de désignation du lauréat était irrégulière. Depuis, un recours contre cette décision a été déposé par le promoteur immobilier du projet. Etrangement, la commune qui en 6 ans n’a jamais hésité à dépenser des fortunes en frais d’avocats, n’a pas réagi. Est-ce faute d’avoir des arguments valables ?



Le loup de Wall Street
Enfin, une large partie de ce document est consacré aux finances de la commune. Le redressement budgétaire serait la plus grande réussite de ce mandat. Pour glorifier sa gestion, le maire noircit volontairement la situation de 2014. Contrairement à ce qui est annoncé, notre commune n’a jamais risqué d’être mise sous tutelle de l’Etat ou de devoir fusionner. Une pure invention d’Etienne Jacquet, qui n’est plus à ça près. La dette était, il est vrai, importante, mais cet argent emprunté auprès des banques avait permis de lancer des projets significatifs et nécessaires pour le village. Dans le passé, notre commune s’est endettée à plusieurs reprises pour par exemple, construire le parc de loisirs, l’espace animation, pour agrandir l’école, et aussi pour entretenir les routes et les bâtiments, rénover nos églises, ... 




Cet argent n’a pas été gaspillé inutilement. Aurait-il fallu ne rien faire pour ne pas endetter la commune ? ou seulement le strict nécessaire ? S’endetter, c’est investir, c’est croire à l’avenir, c’est lancer des projets qui à moyen et long terme vont rapporter. Et quand les taux d’intérêt sont au plus bas comme depuis plusieurs mois, on peut sérieusement se poser la question de savoir si ce n’est pas une grave erreur stratégique de gestion de ne pas profiter de ces conditions avantageuses.

Pendant ces 6 années, l’équipe municipale s’est consacrée au désendettement de la commune. Un emprunt dit toxique avait été souscrit. En 2016, comme toutes les communes dans la même situation, la nôtre a pu bénéficier d’une aide conséquente de l’Etat : plus de 3 millions d’euros providentiels sont arrivés ainsi dans les comptes communaux. 

Si on ajoute à cela une renégociation auprès des banques des taux d’intérêts comme l’ont fait quasiment tous les emprunteurs et un très contestable réétalement de la dette sur plusieurs années, l’explication de ces bons ratios est vite trouvée. Mais sans le rapport de la Cour des Comptes qui devait être rendu publique mais qui finalement ne l’a pas été, il est difficile de se faire un avis sur la supposée bonne gestion des finances. D’autant plus que les comptes de l’EPIC restent cachés… Pour avoir un avis objectif, nous avons consulté le site internet « Contribuables associés » qui passe à la loupe les comptes de toutes les collectivités françaises. Le maire des Contamines a obtenu la note de 2/20. Une claque pour celui qui semblait vouloir prétendre obtenir le prix Nobel d’économie !!!




Ville à vendre
L’un des moyens supplémentaires utilisé pour réduire la dette a été la vente de biens communaux. C’est un choix discutable. La richesse d’une commune tient compte de ses finances, de ses dettes mais aussi de ses biens immobiliers et de ses terrains. En 6 ans la dette a diminué, il est vrai, mais son patrimoine aussi. Le camping a ainsi été sacrifié. Il a été bradé à 724 000 euros (et non pas 950 000 comme il est écrit dans ce tract de campagne). Ce fût une décision loin d’être judicieuse pour cette activité rentable et stratégique pour notre station. En outre, on peut penser que ce qui n’a pas été encore vendu, a perdu de la valeur faute d’entretien nécessaire. Quand on fait un bilan, il faut tout compter, pas seulement ce qui arrange…

Se souvenir des belles choses…
Pour finir, nous souhaitons rappeler quelques sujets supplémentaires qui ont marqué ce mandat. Rappelez-vous …
2014 : démission du premier adjoint au lendemain des élections / départ mouvementé d’une conseillère de la majorité que l’on n’a jamais revu mais qui est toujours présidente de la Commission « Urbanisme, Droit des Sols, RTM, risques naturels, sécurité » / le nouveau médecin qui devait s’installer est « remercié » par le maire qui revient sur les accords passés / les navettes redeviennent payantes.
2015 : refus des subventions pour le projet de ski-roues / à ND de la gorge : projet de parc animalier, permis de construire pour un nouveau restaurant bloqué par une pétition signée par plus de 1000 personnes / série de cafouillages autour de la taxe de séjour / évincement de la correspondante du Dauphiné Libéré
2016 : arrivée d’un médecin non inscrit à l’ordre des médecins qui disparaît après quelques heures d’ouverture / fermeture définitive de la boucherie / hausse spectaculaire des tarifs pour la garderie, les activités touristiques, la location des salles de l’espace animation / les conseils municipaux deviennent de plus en plus courts et rares / flop de l’opération « conseil municipal des jeunes » 
2017 : projet du centre : après l’avis défavorable de l’enquête d’utilité publique, le permis de construire est retiré / nouveau PLU : 20 hectares de terrains constructibles supprimés / nouveau projet ski-roue avec goudronnage du chemin du Praz 
2018 : nouveau permis pour le projet du centre avec des immeubles de 21 m de haut / la valse des directeurs de l’EPIC commence / arrêt du soutien aux sportifs de haut niveau /suppression du jardin d’enfants des Loyers / travaux d’électrification au parc de loisirs et étendus jusqu’à la Duchère (le maire voit enfin son rêve le plus cher se réaliser …) / après un recours, le projet de ski-roues est revu : le chemin du Praz ne sera pas goudronné mais il risque d’être couvert de pierre de Salève.
2019 : après 4 ans de silence, la communication de la commune devient intensive / importants problèmes de fonctionnement pour la patinoire / chalet d’accueil de la patinoire : les travaux doivent être refaits pour monter de 50 cm / vente des terrains de la ZAC du Plane

Et pendant toutes ces années, on a compté plus de 30 départs parmi le personnel de la commune et de l’office de tourisme, des départs le plus souvent provoqués par des conditions de travail devenues insupportables et qui ont marqué durablement les personnes concernées. 
En bref, … Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu pour mériter ça ?

Dans un bilan, il y a un actif mais aussi un passif. Comme nous l’avons vu, certains points ont été ajoutés, embellis ou rectifiés, d’autres ont volontairement été omis par le maire pour fausser le résultat qu’il présente aujourd’hui aux électeurs. Maintenant, en toute connaissance de cause, à vous de VOTER … 


Lydie Roch-Dupland, Jean-Yves Raffort et David Mermoud


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mercredi 1 janvier 2020

Bouquet final




2019 s’est terminé pour nous avec l’annonce d’une décision de justice que nous attendions depuis très longtemps. Pour bien comprendre et saisir l’importance de cet acte, il faut remonter à plusieurs années en arrière. Courant 2015, un appel à projet est lancé par la municipalité pour trouver des opérateurs prêts à investir pour créer un ensemble immobilier sur les parcelles communales au cœur de notre village. Quatre candidats (LVH, CFA, Emmery et Quanim-Escrim) envoient un dossier en octobre 2015 et début décembre, le conseil municipal retient toutes ces candidatures pour la suite de la procédure. Après une première étude complète des dossiers, par une commission composée d’élus de la majorité du conseil, du directeur de l’EPIC, d'un avocat de la mairie et de la Directrice des Services Techniques, les candidats sont reçus à la fin du mois d’avril 2016 pour présenter oralement leur projet au jury. Le 31 mai, le conseil municipal vote une délibération pour modifier le règlement du Plan d’Occupation des Sols afin de permettre d’élever les bâtiments jusqu’à 21 mètres. Seul Quanim-Escrim est informé de ce changement qui correspond exactement à son projet.




Le 7 juin, le jury composé d’Etienne Jacquet, Thierry Mirabaud, Elodie Boidard, Alain Musard, du Directeur de l’EPIC, de la Directrice des Services techniques et du Directeur des Services Généraux se réunit pour étudier les différents projets. Celui de Quanim-Escrim est classé en 1ère position par ce jury. Le 20 juin 2016, une délibération est votée pour désigner officiellement le vainqueur. Un vote à bulletin secret est alors organisé : le comptage des voix montre que tous les conseillers de majorité classent le projet de Quanim-Escrim en 1er. 



En juillet l’entreprise CFA non retenue reçoit un courrier de la mairie l’informant du résultat du vote et découvre alors la modification du règlement du POS votée le 31 mai et divers éléments erronés dans le document produit par le jury et servant de base à la délibération. Ce document présente des explications assez surprenantes ! Ainsi certains points relevés sont notés comme des défauts pour CFA et peu, voir pas importants pour Quanim-Escrim… Le candidat malheureux envoie alors un courrier à l’ensemble des conseillers, un courrier qui ne nous est pas transmis et que nous devrons réclamer au maire. Quelques jours plus tard, nous découvrons que le 1er juin, soit 7 jours avant que le jury prenne sa décision, l’entreprise Quanim-Escrim annonçait sur internet sa victoire.




Face à tous ces éléments, nous décidons en août 2016 d’envoyer une requête auprès du Tribunal Administratif de Grenoble pour faire annuler cette délibération. . Nous rassemblons toutes les informations à notre disposition, saisissons un avocat et nous lançons dans cette aventure Les mois, les années passent. Régulièrement, nous nous renseignons sur l’avancée du dossier. Systématiquement, nous obtenons la même réponse « La procédure suit son court … ». Nous précisons que nous avons décidé de ne pas demander de dédommagement financier à la mairie en cas de victoire : en effet il nous semblait que la collectivité disposait d'un budget frais d’avocats et conseillers juridiques en tout genre suffisamment élevé dans l’exercice de son quotidien, sans en rajouter. La mairie en revanche nous réclamait 3 000 euros de dommage en cas de victoire de sa part.




Fin octobre, nous apprenons que notre requête est à l’ordre du jour des audiences du 12 novembre. Face au juge, notre avocat rappelle les éléments clefs du dossier. Le 18 décembre, le Tribunal rend son verdict : il a entendu nos arguments. La délibération du 20 juin 2016 est annulée. Le juge reconnait que « la délibération intervenue aux termes d’une procédure irrégulière car prise en méconnaissance du principe d’égalité entre les candidats » doit être annulée. En d’autres termes, le Tribunal valide le fait que l'un des candidats à l’appel à projet a été favorisé par le maire et son équipe. Le délit de favoritisme est très grave et lourdement puni, d’autant qu’il est assorti d’un autre délit : une rétention de courrier ! Nous n’en sommes pas là mais les termes du juge « procédure irrégulière » et « méconnaissance du principe d’égalité » démontrent la gravité du jugement. Pour lire le document officiel du Tribunal de Grenoble, vous pouvez le télécharger en cliquant sur le lien suivant: 
https://documentcloud.adobe.com/link/track?uri=urn%3Aaaid%3Ascds%3AUS%3A15e48789-f348-4841-8564-00f244eda3e4




En 2016, nous avions vu que les choses n’étaient pas aussi claires que voulait bien le dire le maire des Contamines. Nous nous étions fait entendre en réunion de conseil à ce sujet, mais en vain. Cette annulation par le Tribunal de Grenoble nous confirme que nous avions vu juste. Il apparaît clairement que l’équipe municipale a fabriqué cette procédure d’appel d’offre en ne respectant pas la législation en vigueur. La société Quanim-Escrim a bénéficié de passe-droit pour élever ses immeubles dans le centre du village au mépris de la loi. Le premier magistrat du village et ses conseillers croyaient pouvoir berner la justice et les contaminards mais les ficelles étaient quand même un peu trop grosses. Un règlement sur les constructions changé à la dernière minute, une annonce « en avance » sur internet, … c’est quand on est trop sûr de soi que l’on commet des erreurs… A force de jouer avec la législation, on prend ses administrés pour plus sots qu’ils ne sont !




Avec ce jugement, c’est l’ensemble du projet du centre qui est remis en cause. La délibération étant annulée, Quanim Escrim n’est plus le lauréat…. Tout s’effondre pour le maire des Contamines qui disait pouvoir aménager le centre pendant son mandat. Les projets des précédentes municipalités avaient été stoppés par les urnes, celui-ci est arrêté par la Justice à la suite d’une procédure irrégulière. De plus, cette délibération est annulée à cause d’une faute grave : ce n’est pas un problème administratif (erreur dans la procédure, absence d’un document dans le dossier, …) mais un enchaînement délibéré de décisions avantageant l’entreprise Quanim-Escrim. 

Face à cela, les citoyens des Contamines sont en droit de se poser de nombreuses questions : comment l’ensemble des conseillers de la majorité a pu laisser faire cela sans rien dire ? Comment tous ont accepté de valider cette procédure irrégulière ? Il ne faut pas oublier que toutes les délibérations liées à cette opération ont toujours été votées par l’ensemble de l’équipe municipale. Quid de la responsabilité des élus ?! De plus le maire s’était entouré de nombreux conseillers juridiques en interne et en externe, au frais du contribuable bien sûr. Certains ont participé à cette comédie, validant les différentes étapes de l’appel à projet. 

Durant les 6 années de son mandat, Etienne Jacquet a toujours motivé ses décisions en s’appuyant sur les directives de Justice. Ainsi, il voulait apparaître comme le chevalier blanc, n’hésitant jamais à vilipender ses prédécesseurs quand une convention n’avait pas été renouvelée dans les délais ou des documents officiels n’avaient pas été adaptés à une nouvelle version de la loi. Mais il apparaît clairement que le chevalier n’est pas aussi blanc qu’il veut bien le faire croire mais plutôt gris foncé.




A la suite de cette décision du Tribunal de Grenoble, certains écrits d’Etienne Jacquet en 2014 prennent un nouveau sens, presque une prédiction de l’avenir qu’il promettait à ceux qui ne le connaissaient pas…. Ainsi, dans le trombinoscope des candidats, il expliquait que sa première motivation était « d’opérer un changement profond, […] dans le respect du droit et des personnes, dans la transparence et l’équité ». Il faut croire que cette motivation a vite disparu ou qu’elle était mensongère. Dans un autre tract distribué pendant la campagne, la tête de liste expliquait : « Nous ne pouvons plus confier notre destin à des élus qui imaginent toujours que favoriser la somme des intérêts particuliers équivaut à préserver l’intérêt général ». Plus loin il critiquait vivement la gestion d’une commune éloignée de la légalité, du respect humain et des valeurs de fraternité qu’il déclarait avoir toujours défendues (sic). Il finissait en ajoutant qu’il « faut que nos responsables comprennent que l’altitude de notre village ne les met pas au-dessus des lois, que la durée de leur vie politique ne les rend pas intouchables » (Demain les Contamines février 2014). Pour une fois, nous sommes totalement d’accord avec lui.

Si le projet immobilier du centre est ainsi stoppé, l’équipe municipale en est la seule responsable. Il suffisait de suivre strictement la loi, le projet aurait pu avancer sans problème. Peut-être serait-il déjà presque terminé ? Quand le projet s'éternisait, il était si simple d’accuser publiquement le collectif de citoyens Cocicomo de bloquer le projet du centre en se victimisant. Nous reconnaissons là toujours le même fonctionnement utilisé depuis 6 ans. Il ne faut pas oublier que le maire n’a pas hésité à menacer de poursuites judiciaires les membres du Bureau de ce collectif. La roue a tourné et les poursuites risquent bien de changer de côté. L’arroseur arrosé….



Nous ne pouvons cacher notre satisfaction d’avoir été entendu par la Justice et de voir cette délibération aujourd’hui annulée. C’est pour nous un symbole très important de ces 6 années qui ont vu la mise en place à la mairie d’un système non conforme à notre vision de ce que doit être la gestion d’une commune. Le service public et les élus sont au service des citoyens et non le contraire. Même en étant dans l’opposition, relégués à un rôle mineur face à une majorité ignorant nos remarques, nous avons pu faire annuler l’une des délibérations les plus importantes de ce mandat. Nous le devons à tous ceux qui nous ont apporté leur soutien sans faille, leur aide et bien sûr, à notre avocat qui s’est fortement impliqué sur ce dossier et qui a pu apporter au mieux au juge nos arguments. Les adhérents de Cocicomo ont été des acteurs clés dans cette réussite. Nous en profitons d’ailleurs pour relayer un appel du Collectif Citoyen des Contamines Montjoie qui a besoin d’un soutien financier nécessaire à la poursuite des procédures encore engagées ou à démarrer prochainement ! N’hésitez pas à adhérer ou à faire des dons ! 
(cocicomo74@gmail.com)



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Il y a quelques mois, nous avons pris la décision d’arrêter la publication de nos articles dans ce blog ce 1er janvier 2020. Dans moins de 3 mois, les urnes auront rendu leur verdict. Comme ni l’un ni l’autre n’avons l’intention d’être candidat à un nouveau mandat de conseiller, nous avons jugé plus sage, maintenant, de laisser s’exprimer toutes celles et ceux qui postulent à occuper ces fonctions. Le hasard du calendrier judiciaire nous fait un beau cadeau pour la fin de cette aventure.

Ce blog est né en septembre 2014 quand nous avons compris, à la suite de notre exclusion de toutes les commissions municipales, que notre rôle de conseillers devrait se résumer à faire de la figuration. Nous avons constaté ensuite que les conseillers de la majorité occupaient parfaitement ce rôle : en 6 ans, jamais une remarque négative ou positive, jamais un avis spontané, la plupart d’entre eux n’a jamais ouvert la bouche en séance du conseil. Le mot délibération n’a jamais été aussi mis à mal que depuis le début de ce mandat !

Dans notre premier article nous écrivions : « afin de pouvoir exister réellement en tant que conseillers municipaux, nous avons pris la décision de créer ce blog pour vous informer de notre situation, pour vous donner notre avis sur les décisions qui sont prises par le maire (et son équipe) et pour vous permettre de vous exprimer sur les sujets qui touchent notre commune. Ce blog s’appelle « La Vigie du Conseil ». Une vigie, c’est le poste d’observation d’un navire. C’est aussi celui qui observe l’horizon et prévient des dangers. C’est celui, qui, avec un peu de mépris est envoyé en haut du mat, souvent oublié, jamais consulté pour les décisions, mais son rôle peut être essentiel en cas de danger. Cette définition correspond à notre position à l’intérieur du conseil, même si nous avons souvent l’impression que certains préféreraient nous voir enchaînes en fond de cale ou carrément jetés à la mer. »




192 articles plus tard, nous avons la satisfaction du devoir accompli. Nous avons suivi le rôle que nous nous étions fixé à l’origine. Au fil des semaines, puis des quinzaines, nous vous avons communiqué les informations que nous pouvions obtenir et en expliquant pourquoi telle ou telle décision nous apparaissait contraire à l’intérêt du village. Nous n’avons jamais pensé détenir la vérité mais nous voulions exprimer notre vision. Les Contamines-Montjoie restent un village où règne encore, la liberté d’expression ! Peut-être certains propos ont choqué, d’autres, sûrement, ont dû agacer. Nous nous excusons auprès des personnes que nous aurions pu blesser involontairement par une phrase mal venue. 

Bien que minoritaires dans le conseil municipal, nous avons la conviction que, grâce à ces articles, nous avons permis de bloquer ou de freiner certains projets de l’équipe municipale. Ainsi par exemple, nous avons pu alerter les habitants permanents ou non du village sur les risques courus par le site de Notre-Dame de la Gorge, nous avons vu la menace qui pesait sur le chemin du Praz, nous avons pu présenter à tous le projet immobilier qui allait défigurer le centre de notre village, … Ensuite la mobilisation de tous a permis de montrer à l’équipe municipale la forte opposition à ses projets.




Cette forte mobilisation nous a poussés à continuer la publication des articles jusqu'à ce jour. Le nombre très élevé et constant des visites sur le blog (1470 visites en moyenne) et les pics de fréquentation chaque 1er ou 15 du mois sont les preuves du fort intérêt pour notre travail. Aujourd’hui, la vigie quitte son poste de surveillance. Cela ne veut pas dire que tout danger est écarté. Nous espérons que d’autres sauront prendre la relève, à leur façon, s’ils jugent que l’intérêt général de notre village est un jour menacé, si d’autres alertes devaient être lancées.

Il nous reste à remercier Jean-Yves Raffort qui a remplacé Lydie dans les conseils municipaux, Nelly, qui pour chaque article nous signalait nos fautes d’orthographe et savait nous proposer de meilleures formulations, tous celles et ceux qui partageaient nos articles à leurs amis (dans le monde virtuel ou réel), tous celles et ceux qui nous ont témoigné leur soutien et leurs encouragements tout au long de ces 5 années.





Enfin, en ce 1er janvier, nous tenons à vous présenter nos meilleurs vœux pour 2020. « Certains lisent le passé, d’autres prédisent l’avenir, assurons ensemble le présent », cette maxime aurait pu être notre devise…. Nous souhaitons à notre village un avenir plus souriant. Que chacun, après mars 2020, voit renaître le sourire et l’envie d’avancer pour le bien collectif, même si, en politique, jamais rien ne peut être parfait…. Souhaitons à notre commune des années sereines et guidées par une honnête et réelle volonté d’investissement pour la collectivité. A l’aube de cette nouvelle décennie, nous espérons sincèrement le meilleur pour notre village et ainsi que pour tous ses habitants.



Lydie Roch-Dupland et David Mermoud


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dimanche 15 décembre 2019

Le nordique glisse dans le privé

Nous terminons 2019 en relatant le conseil municipal qui s’est déroulé ce mardi 10 décembre. Une décision très importante était au programme de cette dernière réunion de l’année : le vote de la délégation de service public du domaine nordique qui sera désormais géré par une entreprise privée. 




Mais commençons tout d’abord par les autres sujets au programme de cette séance. Pour ne pas déroger à la règle, plusieurs conventions et demandes de subventions étaient au menu du jour. Côté convention, en voici une nouvelle qui a pour but de traiter le problème du logement des saisonniers. Dans le cadre de la loi Montagne II, les communes sont dans l’obligation de signer une convention pour le logement des travailleurs saisonniers avant la fin de cette année. Rien de révolutionnaire sur le sujet mais une série de bonnes intentions pour démontrer que les communes touristiques vont devoir se pencher sérieusement sur ce problème. Quelques chiffres permettent d’en savoir plus sur cette situation. Aux Contamines, l’activité touristique génère un grand nombre d’emplois : 491 dans le secteur privé dont 303 sont des emplois saisonniers (chiffres de 2016). Une large partie de ces personnes habitent en permanence sur la commune, d’autres sont logés par les employeurs. Mais chaque année une centaine de saisonniers sont à la recherche d’un logement quand ils arrivent dans notre commune. Et cette quête est très souvent difficile, comme dans la plupart des stations de sports d’hiver. Pour tenter d’améliorer la situation, des actions vont être mises en place. La commune dispose de plusieurs logements réservés aux saisonniers qu’elle embauche. Si ces logements restent vacants, elle s’engage à les mettre à la disposition des employeurs privés. Faut-il vraiment signer une convention avec l’Etat pour cette action qui nous parait tellement évidente ? De plus la probabilité qu’un logement saisonnier de la commune reste vacant est vraiment infime. 




Cette convention demande aussi que la commune s’engage à inciter les propriétaires à louer leurs appartements aux saisonniers avec le versement de subventions. Dans le même ordre d’idée, il est proposé que la commune verse des aides financières aux propriétaires pour rénover leurs biens contre un engagement d’une location à des saisonniers. Pour l’instant, tout cela reste au stade de la réflexion et de l’étude du coût potentiel. Mais il ne faudra pas traîner non plus car un bilan des actions sera fait dans 3 ans et des sanctions pourront tomber (jusqu’à la suspension de la reconnaissance du classement « commune touristique »).

Côté « demandes de subventions », 2019 se termine avec la sollicitation d’aides financières pour des travaux à venir. En complément des aménagements autour du torrent d’Armancette, nous avons remarqué les changements importants pour le stationnement et l’accès à la garderie. Beaucoup s’inquiètent de la sécurité des piétons dans ce secteur, à juste titre. Entre les places de parking en épis le long de la départementale, l’accès compliqué entre le parking en contrebas et la garderie, sans oublier l’arrêt de cars et navettes en plein milieu du carrefour, cet endroit nous semble particulièrement dangereux. Le panneau à côté du pont d’Armancette explique que les aménagements de grande ampleur réalisés par le SM3A visent la protection des personnes et des biens. La protection des piétons a, quant à elle, été totalement oubliée. La commune semble maintenant s’en préoccuper car la réalisation d’un trottoir est en cours de réflexion. Ce ne serait pas un luxe. Celui-ci relierait l’immeuble « les Loyers », où se situent l’agence Contamines Immobilier et le magasin de sports Tasmania, à la route d’accès à la garderie en longeant le mur. Le coût est estimé à 30 000 euros. La réalisation de ces travaux n’est pour pas demain : la subvention sera-t-elle accordée ? Nous craignons que la déambulation des piétons continue à être dangereuse un bon moment… Encore une fois, on ne peut que constater l’absence de réflexion et de vision d’ensemble sur les projets et travaux diligentés… L’équipe municipale dit faire des économies mais en fait elles sont englouties dans des rafistolages ou aménagements de dernières minutes.




Nous en avons profité pour interroger le maire sur les travaux autour du torrent. Malgré ce qui avait été annoncé, ceux-ci ne sont pas terminés en cette fin d’année. Ils reprendront au printemps, et ne s’éterniseront pas trop longtemps, on l’espère.

Autre sujet qui traîne depuis bien longtemps : l’accessibilité à tous des bâtiments communaux. Ce thème revient chaque année avec des demandes d’aides financières mais concrètement rien ne bouge. La réalisation d’une rampe d’accès pour faciliter l’entrée de tous à la mairie était annoncée. Mais beaucoup doivent encore rester en bas des 3 marches qui bloquent l’entrée au fauteuil des handicapés et aux poussettes. Quant à l’accès aux services de mairie (accueil, état civil, urbanisme, salle du conseil…), il est réservé à ceux qui peuvent gravir l’escalier. Le maire nous a expliqué qu’il manquait quelques centimètres pour installer un ascenseur : une excuse déjà bien éculée. Dans ce cas, peut-être faut-il alors envisager d’autres solutions … L’esprit de service public n’est pas parvenu à la tête de notre municipalité.




Il y a les subventions qui sont demandées et celles qui sont accordées par la commune : la principale est celle pour l’EPIC. Cette année, le montant est de 1 200 000 euros. Un chiffre en baisse mais qui s’explique par le fait que certaines missions de l’EPIC ont été supprimées. Ce vote est l’occasion d’avoir quelques informations sur le fonctionnement de cette structure. Pas de nouveau directeur annoncé. Annick Roger va assurer ce poste pour cet hiver. En ce début de saison, on ne s’étonne même plus de l’absence d’une réunion d’information pour les socioprofessionnels de la station. Cela serait pourtant la moindre des choses. Mais la rupture est claire entre l’EPIC et les professionnels du tourisme des Contamines. Ceux-ci ont compris qu’ils n’avaient plus grand-chose à espérer de l’office du tourisme. Chacun mène son activité dans son coin. Même la SECMH déplore l’absence de collaboration avec l’Office de tourisme, c’est dire !!! Mais quand on interroge le maire sur la situation de l’EPIC et du tourisme aux Contamines, pour lui, tout va bien … Il y a le vrai monde et celui de la langue de bois !




Venons en maintenant au sujet principal de cette réunion : la DSP pour le domaine nordique. Après la vente du camping, la DSP pour plusieurs activités du parc de loisirs, l’équipe du maire a décidé de se débarrasser de la gestion du domaine nordique. Sa logique : ce n’est pas le rôle de la commune de s’occuper des pistes de ski de fond. On avait entendu cet argument à diverses reprises : ce n’est pas le rôle de la commune de s’occuper des pédalos ou du mini-golf, ce n’est pas la mission de la mairie de gérer les terrains de tennis ,… C’est un point de vue, certes, mais dans ces conditions, pourquoi le maire explique-t-il que l’office de tourisme doit être gérée par les élus qui, il faut le rappeler, sont les décideurs à l’EPIC. Si on veut être dans la même logique, est-ce le rôle de la commune de s’occuper des prospectus, des animations, des horaires d’ouvertures de l’office du tourisme ? D’un côté, il faut donner la gestion du domaine nordique à un professionnel, mais d’un autre côté, le maire exige de tout diriger à l’EPIC, excluant les décisions des représentants des socioprofessionnels qui sont minoritaires et qui font de la figuration dans les réunions. La direction n’étant pas assurée par un professionnel du tourisme, on comprend la diminution de fréquentation, l’absence de politique à long terme, et le manque d’investissement pour ce pan de la vie économique du village. 




A nos yeux, il est essentiel que la gestion de l’office de tourisme soit laissée aux professionnels du tourisme et qu’en revanche, la commune garde la main mise sur les équipements touristiques et sportifs qu’elle a créés. Il est clair que nous avons une vision totalement opposée à celle du maire. 

Bien que nous le déplorions, le domaine nordique sera géré par une entreprise privée pour les 10 ans à venir. La société Alpinum Events est le seul candidat à avoir répondu à l’appel d’offre de la mairie. Un accord a été signé et défini les obligations de chacune des 2 parties. De son côté Alpinum Events s’est engagé à investir 430 000 euros dans les 10 prochaines années sur le domaine nordique, principalement pour l’agrandissement du chalet nordique avec la création d’un restaurant, d’un magasin de location de ski nordique, d’un espace d’accueil et éventuellement d’une salle de musculation. Si l'on étudie les perspectives de cette société pour les années à venir, il est clair que la rentabilité de l’opération va reposer sur l’activité du restaurant qui à terme, va représenter 60 % du chiffre d’affaire. Le reste devrait se répartir entre la boutique (8 %), les aides de la commune (2%) et les activités sportives (30%). Le domaine nordique va -t-il devenir un restaurant entouré de pistes de ski de fond ? Cela est sans doute la seule possibilité de rendre l’opération rentable mais risque d’aboutir à d’importants changements sur le fonctionnement du site et son esprit. Les food-truck si bienvenus les années précédentes n’ont plus de place sur le secteur du foyer de fond…




Les travaux sur le chalet nordique sont annoncés pour l’année prochaine. Le permis ne devrait pas tarder à être déposé. En plus des investissements, Alpinum Events devra bien sûr gérer l’accueil, le personnel et le fonctionnement des pistes de ski de fond en hiver et de ski-roue en été. Les aspects financiers n’ont pas été oubliés. Pour le dédommagement du damage du chemin du baroque et pour l’utilisation du domaine nordique pour les événements «station » (accueil de l’armée britannique, manifestations sportives,…) une somme estimée à 8000 euros sera versée par la commune chaque année. De son côté, Alpinum Events payera une redevance liée au chiffre d’affaire. (environ 15 000 euros par an). 




La convention indique que cette entreprise s’est engagée sur une série de points précis. (aménagement du chalet, respect environnement, relation avec les autres prestataires et avec les clubs de sportifs, …). Il ne reste plus qu’à espérer que tout cela sera respecté pour l’intérêt général de la station. A ce sujet, nous avons marqué nos réserves sur les obligations d’ouverture du domaine. La convention précise que les pistes doivent être ouvertes jusqu'à la fin des « vacances d’hiver ». Cela correspond aux vacances dites de « février » dont la dernière zone se termine généralement vers le 10 mars. Nous avons demandé que l’ouverture obligatoire soit prolongée au maximum pendant le mois de mars selon l’enneigement bien sûr. Nous avons constaté que la patinoire ferme maintenant ses portes dès la fin des vacances de février. Il serait mal venu que le domaine nordique fasse de même. Cela n’est pas forcément très rentable et implique des efforts importants pour maintenir l’utilisation des pistes de ski, mais touristiquement, il serait fort préjudiciable que la fin de saison soit ainsi avancée. Ceci est l’un des problèmes qui peuvent se poser quand une commune abandonne la gestion de ses équipements. Les efforts de ce type qui étaient faits pour l’intérêt général de la station peuvent disparaître face à des préoccupations de rentabilité d’une entreprise privée.




Cette gestion du domaine nordique par Alpinum Events représente un changement important pour le tourisme aux Contamines. Nous espérons que tout se passera au mieux et que nous ne devrons pas en subir les conséquences dans quelques années.



Nous vous souhaitons un Joyeux Noël et nous vous donnons rendez-vous le 1er janvier. 


Lydie Roch-Dupland et David Mermoud


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dimanche 1 décembre 2019

Un patchwork de délibérations

Pendant toutes ces dernières années, il fallait compter presque 3 mois entre 2 réunions du conseil municipal, mais depuis quelques mois, le rythme s’est étrangement accéléré. Après celle du début du mois d’octobre, une séance a été organisée ce 19 novembre. La prochaine est déjà programmée pour le 10 décembre, et il est fort probable qu’une autre aura lieu avant le 31 décembre, vote de la subvention pour l’EPIC oblige. En revanche, la durée est toujours aussi courte et les délibérations sont traitées encore et toujours à une cadence effrénée. 




Ce conseil de novembre a débuté avec la création de 2 emplois. Le premier concerne la garderie où après la démission d’un agent, un poste à l’année et à temps plein est à pourvoir. Le second poste correspond à un emploi d’agent de surveillance de la voie publique à temps complet pour cet hiver (de mi-décembre à fin avril). Ce poste a pour but de remplacer le policier municipal de notre commune qui ne pourra pas exercer sa mission dans les prochains mois. Aucune précision n’est venue expliquer cet étrange choix mais personne n’est dupe et chacun connait les difficultés que rencontre Sylvain Buffat dans l’exercice de son travail depuis qu’Etienne Jacquet est maire.




Lors du vote du budget 2019, des dépenses étaient prévues pour les différents projets de l’équipe municipale. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu et certains chantiers n’ont pas avancé selon le planning annoncé. Ainsi, les travaux sur l’ancienne gare EDF à Notre-Dame de la Gorge réalisés dans le but de la transformer en une flamboyante maison du Tour du Mont-Blanc ont, certes, débuté mais très modestement. Quelques démolitions par-ci, quelques légers aménagements par-là, juste assez pour que le maire puisse affirmer que le chantier est lancé. Aussi, 91 000 euros prévus pour cette année ne seront pas dépensés pour cette réalisation et peuvent être alloués sur d’autres postes, principalement pour les travaux de voiries que nous avons évoqués mi-novembre. Mais pour valider ce changement, une décision modificative du budget a dû être votée. Ce sont toujours des travaux mais qui ne rentrent pas dans la même catégorie : les 91 000 euros sont passés des immobilisations corporelles aux immobilisations incorporelles. Vive la comptabilité et la valse des comptes!!!




Finances et travaux toujours pour la délibération suivante : des subventions sont sollicitées pour les travaux à réaliser l’année prochaine sur le réseau d’eau. Une dépense de 390 000 euros est programmée pour rénover le réseau d’eau potable dans le secteur du Nivorin. Plus précisément, les canalisations concernées se situent sous les routes du Nivorin d’en bas, de Nant Fandraz, des Moranches et du Plan du Moulin. Pour financer tout cela, le maire espère obtenir d’importantes subventions du Département et de l’Agence de l’eau (environ 300 000 euros). On peut espérer que la réfection de ces chaussées sera aussi prévue au moment du vote du budget 2020.

Au début de son mandat, le maire critiquait largement les municipalités précédentes sur leur supposé abandon du réseau d’alimentation de l’eau. Depuis, il a dû se rendre compte que tout cela ne se règlait pas d’un coup de baguette magique. Il a laissé passer 6 longues années avant de se pencher sérieusement sur le problème dans l’espoir que la gestion de l’eau serait prise en charge par la communauté de communes. De notre côté, nous espérons que cette manne naturelle sera toujours gérée par notre commune. Le coût de ce type de travaux est très élevé et pour un budget communal comme le nôtre, face aux autres dépenses à engager, ce chantier ne peut être réalisé que petit à petit, section par section en sachant que cela prendra du temps. 




Le rapport 2018 sur la qualité du service de l’eau démontre que l'investissement sera encore lourd pour les prochaines années. Ce document présente des chiffres très intéressants à ce sujet. Le nombre total d’abonnés est de 2935. 600 000 m3 d’eau potable ont été produits l’année dernière au niveau des 3 réservoirs mais seulement 134 000 m3 ont été comptabilisés en consommation. 386 000 m3 sont passés dans la nature. Le reste (80 000 m3) correspond à la consommation sans comptage et au volume de service. 

L’équipe municipale pensait résoudre ce problème, on est bien loin du compte. Ces chiffres amènent une réflexion : les réservoirs d’eau de notre commune ne sont-ils pas trop importants ? Le problème tel qu’il est présenté par le maire en est-il vraiment un, étant donné que l’eau non consommée ne peut pas être stockée et part dans la nature ? En revanche, il est vrai que les canalisations sont vétustes et méritent d’être révisées. Il faut savoir que le réseau de canalisation de notre commune mesure près de 34 kilomètres. Cela laisse du travail pour les prochaines municipalités !!! 




En ce qui concerne l’assainissement, on compte un peu moins d’abonnés (2855) et le réseau est un peu moins long, mais il mesure 26 km quand même. Pour ces eaux usées, l’état du réseau est une question aussi importante à régler, si ce n’est plus, car ces eaux qui sortent des habitations contiennent des matières très polluantes : lessives, produits d’entretien, …. Mais, il est impossible de savoir quelle part de la consommation d’eau potable arrive finalement à la station de traitement des eaux usées. En plus des 34 km de d’approvisionnement d’eau, il faut s’attaquer aux 26 km d’évacuation….

Passons des histoires d’eaux, aux histoires de l’office de tourisme. Pas de nouveau directeur à l’horizon mais une modification des missions de l’EPIC. A partir du 11 décembre, cette structure n’aura plus en charge la gestion du domaine nordique, cet équipement touristique et sportif étant confié à une entreprise privée. Cela est au programme du prochain conseil du 10 décembre. Le vote positif des conseillers bien disciplinés est déjà anticipé… Nous en reparlerons bien sûr. Quant à la question d’un éventuel nouveau directeur, nous n’avons pas osé la poser. Aurons-nous droit à un 6ème directeur ? 6 directeurs en 6 ans, quel exploit !!! Sans doute un doute un record pour une station touristique, mais c’est un score dont on aurait largement pu se passer. 




Comme Annick Roger a repris le poste après le dernier départ, et l’occupe depuis 6 mois, le compte y est … On peut préciser que cette directrice par intérim n’avait aucune compétence en tourisme à son arrivée et qu'elle gère seulement le fonctionnement quotidien de la structure. C’est déjà bien, mais sûrement pas efficace en terme de planification de communication, ni en choix de politique touristique ! Mais comme l’ont souvent dit les élus actuels : « il n’y a pas que le tourisme aux Contamines »…. Oui, bien sûr, c’est vrai que tous les habitants vivent sans aucun impact touristique dans leur vie : personne ne travaille dans ce secteur, ni n’a d’appartements en location semaine…etc…

La délibération suivante concerne le centre équestre. Une délégation de service publique avait été mise en place mais le délégataire a demandé la résiliation du contrat bien avant la fin des 5 années prévues. Jusqu’à présent cette activité arrivait à fonctionner financièrement grâce à un accord avec l’UCPA mais l’année dernière, les clients de l’UCPA sont allés pratiquer l’équitation ailleurs. Cette absence s’est durement ressentie dans les comptes de fin de saison. Le maire a assuré qu’il trouverait facilement un nouveau délégataire. Pourtant, lors de la mise en place de cette DSP, un seul candidat avait postulé…




Pour la délibération suivante, nous devons remonter dans le temps. A l’automne 2014, dans les premiers articles de ce blog, nous avions évoqué la situation du refuge de la Balme. Ce bâtiment ayant été construit sur un terrain appartenant à la commune, le propriétaire avait été dans l’obligation d’acheter la parcelle correspondante. Le maire avait alors expliqué que d’autres chalets d’alpages étaient dans la même situation et qu’il allait remettre de l’ordre dans tout cela. 5 ans plus tard, ce sujet revient d’actualité pour les propriétaires de chalet des Prés qui sont dans la même situation : ils doivent acheter les parcelles sur lesquelles se trouvent leur construction. Le prix demandé est de 3 euros le m². Et voilà 10 000 euros en plus dans les caisses de la commune !!!




Cette séance du conseil municipal s’est terminée par les annonces des décisions du maire. Une seule décision cette fois-ci : la convention d’occupation du domaine public par l’ESF. Cette annonce a été si rapide que nous n’avons pas eu le temps de demander pourquoi cette convention ne nécessitait pas une délibération du conseil. L’an dernier nous avions voté pour approuver une convention entre la commune et le bureau des guides pour l’occupation de leur local d’accueil. Pour les moniteurs, il s’agit du même local, mais tout se passe sans délibération… Même après presque 6 ans de pratique, on reste pantois devant l’absence de constance, on a du mal à comprendre la logique… 




L’ESF occupe le local d’accueil dans le bâtiment de la mairie d’une surface de 95 m² et un local de 81 m² au rez de chaussée de la garderie. A cela s’ajoute l’occupation d’un terrain communal au Signal sur lequel se trouvent le chalet ESF, un fil neige et le jardin d’enfant et d’un autre terrain aux Loyers pour le nouveau jardin d’enfant. Le loyer lié à cette convention est de 10 000 euros. Le maire a expliqué fièrement qu’il avait multiplié ce montant par 3 et a ajouté que « c’était une bonne affaire pour la commune mais aussi pour l’ESF ». Même si le premier magistrat a affirmé que les moniteurs étaient satisfaits de cet accord, on peut sérieusement en douter compte tenu de cette hausse spectaculaire. Il faut noter que cette convention n’est signée que pour une année, l’ESF a sans doute voulu régler ce problème qui traînait depuis un bon moment et espère que l’an prochain, les conditions de discussion seront meilleures … 

A noter sur vos agendas : mardi 10 décembre, conseil municipal à 20h.


                                                            Rendez-vous le 15 décembre pour de nouvelles infos.

Lydie Roch-Dupland et David Mermoud


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