samedi 15 septembre 2018

Le cairn, la caravane et la délib’ inutile

Nous reprenons le compte-rendu du conseil municipal du 3 juillet là où nous l’avions laissé. Il nous restait quelques délibérations à passer en revue après celles sur les subventions du ski club et de la MJC, l’annulation des travaux en forêt et la vente de parcelles communales du côté du torrent d’Armancette.

Nous prenons de l’altitude pour le premier sujet à aborder : direction le col du Bonhomme. Le conseil Départemental de Haute-Savoie a, parmi ses compétences, la gestion du plan départemental des itinéraires de promenades et de randonnées (PDIPR). Par ce biais, il accorde des subventions aux communes. Dans le cadre du schéma directeur géré par la communauté de communes « Pays du Mont-Blanc », l’équipe municipale a décidé qu’il fallait refaire le cairn situé au col du Bonhomme. Pour ceux qui ne sont pas montés récemment à cet endroit, on peut rappeler que le passage du col est marqué par un petit abri en bois bien appréciable en cas de mauvais temps, une borne Michelin avec quelques indications sur les directions à prendre, un poteau avec des nombreux panneaux pour aider les randonneurs à trouver leur chemin et une table d’orientation pour identifier les sommets environnants. 



Mais il faut croire que tout cela ne suffit pas car la commune va solliciter une subvention pour restaurer un cairn situé à côté de l’abri. « Il permettra de marquer le passage du col comme pour tous les autres cols du secteur » nous a expliqué Antoine Boisset. Pourquoi pas ... pensions-nous avant de découvrir le devis reçu en annexe. Le budget pour cette opération s’élève à la somme conséquente de 8 400 euros. « 8 400 euros pour un tas de cailloux !!! » comme nous l’a fait remarquer à la sortie du conseil une personne présente dans le public. Il n’y a pas d’erreur, il s’agit bien du montant inscrit sur le devis. Mais ce document ne contient aucun détail. Nous ne savons donc pas pourquoi l’addition est si lourde. De plus, la matière première, à savoir les pierres, est déjà sur place. 

Mais c’était sans penser qu’il fallait utiliser un hélicoptère pour acheminer le ciment et l’eau !!!! C’est ce qui fait que l’addition est si lourde… « Pourquoi ne pas utiliser des mules ? » A cette question qui a paru à certains d’une stupidité frôlant le ridicule, nous avons bien compris que décidément aucune discussion n’est envisageable avec cette équipe, quels que soient les efforts déployés. En effet la moindre suggestion de notre part est aussitôt rejetée de manière virulente et méprisante. Le maire s’est énervé et a empêché David de poser une nouvelle question sur le sujet en imposant le vote de la délibération en toute urgence avec sa violence coutumière. Le public a frémi d’indignation devant ce comportement insultant, méprisant, inadapté et indigne d’un premier magistrat ! L’équipe en place n’a, comme d’habitude, pas bronché devant les incartades de son chef…. 





Dans cette même équipe municipale, ce montant ne semble choquer personne. « C’est financé par le Département à 70 %. Hors taxe, il reste seulement 2100 euros à payer par la commune ». Malheureusement, 2100 euros pour un tas de cailloux, cela nous parait encore disproportionné. Et est-ce parce que des travaux sont financés par une instance publique qu’il faut accepter les montants si élevés ? Une conception étonnante de la gestion des dépenses publiques… Il ne faut pas oublier que les subventions du Département sont financées par les impôts de tous les contribuables. C’est étrange de voir l’argent public dilapidé de cette façon. Sous prétexte que cela ne grève pas trop les finances de la commune, l’équipe municipale jette l’argent de nos impôts locaux par les fenêtres ou par les hélices des hélicoptères. Effectivement, nous n’avons pas du tout le même mode de raisonnement….




Ce cas n’est malheureusement pas isolé. Il y a quelques mois, nous avions appris qu’un petit chalet allait être construit à Plan Jovet pour la modique somme de 45 000 euros. Il faut croire qu’au-dessus de la Balme, les prix explosent !!! 

A Plan Jovet, le beau chalet de 45 000 euros n’est pas encore construit. Mais en attendant de pouvoir l’utiliser il fallait sans doute trouver une solution rapide pour abriter le gardien du troupeau de moutons. Quand nous avons appris ce qui était prévu pour pallier à l’absence du chalet, nous avons réellement cru à une blague, comme on en entend parfois dans le village. « Ils vont monter une caravane à Plan Jovet ». Une caravane ? Ce n’est pas possible, c’est en pleine réserve naturelle ! 




Et bien non, ce n’était une blague : une caravane a bien été installée à Plan Jovet pour passer l’été. On ne la voit pas tout de suite quand on arrive dans le secteur, mais elle est bien visible quand on s’élève sur les chemins environnants. Beaucoup ont dû être étonnés de cette nouveauté aux Contamines. Un bel exemple pour le nouveau positionnement touristique « Nature et environnement » !!! Avec ça, allez expliquer aux randonneurs qu’en entrant dans la réserve naturelle, il faut respecter de nombreuses règles… Sans doute, certains sont au-dessus de la loi.




Mais monter une caravane à Plan Jovet, ce n ‘est pas comme aller se garer dans le camping du Pontet. Les Rochassets ont beau avoir été remis à neuf (ou presque) ce printemps, la quantité de terre et de goudron répandue entre Notre-Dame de la Gorge et Nant-Borrant n’a pas été suffisante pour permettre de faire rouler cette embarcation jusqu’à destination. La solution trouvée a été de monter la caravane par la route jusqu’au Signal, puis de l’héliporter à Plan Jovet. Il suffisait d’y penser !!! Reste à savoir qui a payé tout cela. Pour rappel, le chalet de 45 000 euros doit être financé par la commune et des subventions. Qui a payé la caravane et son héliportage ? Espérons que ce n’est pas l’argent du contribuable !!! Nous tâcherons de savoir comment a été réglée la facture… Une autre question reste entière : est-ce que tous les agriculteurs des Contamines bénéficient du même régime de faveurs que la fille d’une élue de la majorité du conseil? On espère que tous ont reçu ou recevront le même type d'autorisation ou la même somme pour soutien au développement de leur ferme, nouvelle ou à venir…..




Le conseil municipal s’est poursuivi avec le vote des subventions 2018 pour les associations du village. Voter le 3 juillet des subventions pour l’année 2018, est-ce vraiment responsable ? Ce vote est de plus en plus tardif. On se demande comment les associations arrivent à organiser leurs dépenses tout au long du premier semestre en ne sachant pas quelle aide financière elles vont recevoir.


L’ordre du jour de cette séance annonçait une dernière délibération pour le vote des tarifs des forfaits de la SECMH pour l’hiver 2017/2018. Les conseillers dits « intéressés » sont alors sortis de la salle car ils ne pouvaient pas prendre part au vote. Mais chose exceptionnelle, le quorum était encore suffisant avec les conseillers restants : inutile de convoquer une autre séance. La première adjointe a alors pris la parole pour procéder au vote. Nous avons fait remarquer que cette délibération était totalement inutile.



Revenons quelques mois en arrière : avec sa politique de ralentissement du développement touristique de la station, le maire et son équipe ont décidé de mettre en place un avenant à la convention qui lie la commune à la SECMH. En plus des sommes supplémentaires réclamées, un nombre important de réglementations a été instauré. Parmi celles-là, il est indiqué que la SECMH doit adresser ses tarifs pour les saisons d’été avant le 28 février et pour les saisons d’hiver avant le 15 avril. Le document précise que les tarifs seront adoptés par délibération du conseil municipal dans le mois suivant. Et si dans un délai de 45 jours à compter de la réception de la proposition tarifaire de la SECMH, la commune n’a pas fait connaitre son opposition, les tarifs sont automatiquement homologués.




Ce printemps, le SECMH a adressé sa proposition de tarifs à la mairie le 13 avril. La commune aurait dû délibérer dans le mois suivant. Ce qui n’a pas été fait. Les 45 jours sont passés. A partir du 1er juin, les tarifs étaient automatiquement validés en l’absence d’une réponse de la commune. Et le 3 juillet, on veut nous faire voter une délibération à ce sujet. Trop tard, il fallait y penser avant !!! Et il a fallu que ce soit nous qui fassions remarquer l’inutilité de ce vote…. Mais la première adjointe a quand même insisté pour faire voter cette délibération….

A force de mettre en place des conventions de toutes sortes, l’équipe municipale se mélange littéralement les pinceaux dans toutes ses réglementations et semble totalement dépassée par la gestion courante de la commune. De quoi nous inquiéter sur les autres dossiers. Là encore, à la vue des sommes folles dépensées en frais d’avocats, en conseils divers et variés, en juriste embauchée en classe A à temps plein à la mairie, il y a de quoi s’interroger sur la gestion de notre village…. 




Lydie Roch-Dupland et David Mermoud


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samedi 1 septembre 2018

Lettre ouverte

Monsieur le maire,

Nous avons lu votre dernier hors série et encore une fois nous nous indignons des manipulations et des mensonges qui polluent cette parution, comme chacune des précédentes d’ailleurs !

Vous écrivez que le premier projet de ski-roue allait coûter plus de 2 000 000 d’euros à la collectivité. Il n’en est rien. Le projet était beaucoup plus important qu’une seule piste de ski-roue. Il s’agissait de créer un stade 4 saisons, avec un tremplin de 75 mètres, la réhabilitation complète de la ferme du Praz en gîtes d’accueil et bien entendu la piste de ski-roue mais aussi un local technique dédié au fartage, rangement du matériel et accueil à proximité du pas de tir. Ce vaste programme allait stimuler les inter-saisons de notre village en accueillant les équipes de sauteurs, de biathlètes et de fondeurs ainsi que les entreprises friandes de stages et séminaires divers et sportifs. Mais cela vous le savez : dès 2014, vous avez stoppé ce projet si important pour la vie économique, sociale et promotionnelle du village. En 2015, vous avez même fait voter une délibération pour abandonner les subventions accordées à la commune (environ 70% du montant des travaux, sans compter le partenariat que SOMFY était prêt à engager) sous prétexte que « cette opération ne figurait pas à l’agenda du mandat ». Il n’y a pas de quoi pavoiser Monsieur le Maire : vous avez fait perdre du temps, énormément de temps au développement du village…. Et combien d’argent ?

Vous écrivez également que le tracé que vous avez choisi n’impacte pas sur la création d’une ferme, et vous vous targuez d’aider les agriculteurs… Il y a 4 ans et demi aucun agriculteur ne souhaitait créer une ferme pédagogique au Barratet. De plus, ce tracé n’a pas été créé par vous ou votre équipe… Il n’y a pas là de quoi pavoiser Monsieur le Maire.

Il est important de noter que, dans le permis d’aménager primaire que vous avez validé, le chemin du Praz était indiqué comme étant une piste de fond incluse dans les travaux. Il allait être goudronné sans la vigilance de ceux que vous tentez de faire passer pour des empêcheurs de tourner en rond. Pourtant, grâce à leurs actions, après avoir rejeté le recours gracieux qu’ils vous avaient adressé, vous avez revu ce permis d’aménager qui incluait le chemin du Praz. Pourtant ce même chemin, n’est pas sauvé de vos velléités de le modifier et de le couvrir d’un revêtement autre que la terre actuelle. Vous souhaitez le rendre aussi peu naturel que les allées du parc de loisirs du Pontet. Une délibération a été prise en ce sens lors du conseil municipal du 18 mai 2018… C’est bien dommage.

Grâce à ces mêmes citoyens vigilants, Notre-Dame de la Gorge a été sauvée de la création de parkings à ses pieds et est, malgré votre avis défavorable, inscrite aux Monuments Historiques. Rien, ni personne n’empêche maintenant la réhabilitation des bâtiments existant dans le périmètre de cette chapelle. Grâce à ces gens-là encore, le projet inadapté de vente immobilière de votre centre village est stoppé. Vous avez, il y a 4 ans et demi, arrêté pour des raisons fallacieuses le projet de la précédente municipalité. Celui-ci préservait les vues remarquables, proposait 120 places de parking souterraines aux usagers, intégrait un office de tourisme tout neuf et sauvait la boucherie, tout en proposant un vrai hôtel et une véritable résidence de tourisme. La boucherie est fermée à cause de vous. Vous avez fait perdre 5 ans pour le développement du ski-roue et vous avez fait perdre bien plus pour la création du centre village. Et combien d’argent public ? Il n’y a pas de quoi pavoiser Monsieur le Maire !

Vous expliquez que l’ancienne municipalité porte la responsabilité de l’emprunt toxique. Là aussi, c’est faux ! 1 200 communes françaises ont fait ce choix qui paraissait judicieux, à l’époque. Personne à part vous ne songe à jeter la pierre aux décideurs. C’est grossier et mesquin. La dette de la commune vous l’avez étalée dans le temps. Cette gestion alourdit l’avenir… Une partie de cette dette aurait déjà été liquidée si vous ne l’aviez pas répartie sur de nombreuses années ! Il n’y a pas de quoi pavoiser Monsieur le Maire !

Vous avez effectué des travaux dans le bâtiment de la mairie afin de modifier l’Office du Tourisme sans avoir réfléchit une seconde à l’accueil des Personnes à Mobilité Réduite …. Cela a coûté et va coûter très cher aux contribuables !

Vous avez créé un cabinet médical pour la modique somme de 346 000 euros pour rien et personne ! Vous avez chassé comme un malpropre, en 2014, le médecin qui s’installait dans notre village avec sa famille ! A sa place, vous avez installé en grande pompe un médecin qui n’était pas inscrit à l’ordre. Quand enfin les médecins de Saint-Gervais vont-ils pouvoir venir utiliser ce cabinet flambant neuf qui est resté inutilisé pendant de trop nombreuses années ? Il serait temps ! Il n’y a pas de quoi pavoiser Monsieur le Maire !

Vous avez construit une patinoire aujourd'hui obsolète : en effet, elle n’est plus sous garantie : elle fuit, pollue et produit de la glace de mauvaise qualité. Les travaux sont arrêtés depuis deux ans, sans raison…. Il n’y a pas de quoi pavoiser Monsieur le Maire !

Monsieur le maire, vous accusez des citoyens d’empêcher le développement du village, or, ils le préservent au contraire de vos mauvais choix. Vous les accusez de faire perdre du temps et de l’argent aux Contamines, or, on le voit bien, c’est votre gestion en dépit du bon sens qui est préjudiciable au développement du village, qui creuse un peu plus chaque jour le trou du budget communal et qui rend la station tous les jours moins attractive. Là encore, il n’y a pas de quoi pavoiser Monsieur le Maire !

Nous savons pertinemment que vos manipulations et vos mensonges dureront encore jusqu’à la fin de votre mandat. D’ici là, tâchez au moins de ne pas grever davantage le budget communal et de ne pas freiner encore plus le développement du village.


Jean-Yves Raffort      Lydie Roch-Dupland     David Mermoud

mercredi 15 août 2018

Un conseil pas comme les autres

Ce n’est pas tous les jours que l’on rencontre un sénateur. Pour cela il fallait assister au conseil municipal du 3 juillet. En effet, Cyril Pellevat, sénateur de Haute-Savoie était présent pour cette séance. Il fait le tour des communes pour rencontrer les élus et assister aux conseils municipaux. Une démarche rare que l’on ne peut qu’apprécier et saluer. Une bonne façon pour « ceux qui nous dirigent » de se rendre compte de la réalité de la gestion des petites communes comme la nôtre.


Cyril Pellevat, sénateur de Haute-Savoie

Mais la présence de ce jeune sénateur n’a pas été la seule particularité de cette réunion. Celle-ci a débuté par l’installation de Jean-Yves Raffort qui remplace Lydie suite à sa démission en mai. Jean-Yves a pris la parole pour faire quelques demandes. Comme nous l’avons expliqué, nous recevons depuis plusieurs mois les convocations par lettre recommandée alors que dans le passé, nous les trouvions directement dans nos boites aux lettres après le passage du facteur ou du policier municipal. Pourquoi ce changement ? Comment récupérer ce courrier quand on travaille tous les jours et que la poste des Contamines n’est ouverte que du lundi au vendredi ? De plus, dans la loi, rien n’oblige que les convocations soient envoyées en recommandé. Jean-Yves a donc demandé qu’on revienne à un envoi simple pour les prochaines réunions. Ces envois ne se font pas de la même façon pour tous les conseillers : seuls les « opposants » ont droit aux recommandés et les conseillers de la « majorité » les reçoivent en main propre. Nous avons observé les enveloppes des autres conseillers avant les réunions…. 




Mais cela n’était pas la seule requête de Jean-Yves. Suite à une remarque d’un conseiller de la majorité en mai, sur le fait que nous nous opposions systématiquement à tout, Jean- Yves a souhaité rappeler que plus de 50% des délibérations étaient votées à l’unanimité et que nous avions seulement des points de vue différents sur certains sujets (Centre, Epic, Budget, Parc de loisirs …). Notre vote reste notre seul moyen d’expression puisque que nous avons été écartés de toutes les commissions municipales dès 2014. Pour une plus grande transparence et pour le respect des lois comme cela avait été promis par l’équipe du maire « avec tous et pour tous » Jean-Yves a demandé que les commissions Finances, Urbanisme et Appel d’Offre soient ouvertes à nos candidatures et que ce point soit ajouté à l’ordre du jour. 

Ces 2 demandes sont restées sans réponse. Le maire est passé directement à la désignation du secrétaire de séance et au premier point à l’ordre du jour : la convention annuelle avec la MJC de Saint Gervais. 

Afin que les jeunes (11-17 ans) de notre village puisse participer aux activités proposées par la MJC de la commune voisine, une convention doit être signée. Une subvention de 7500 euros est allouée par notre commune à l’association saint-gervolaine. En contrepartie, celle-ci garantie un nombre minimum de 4 places pour les jeunes contaminards. Nous avons comparé cette nouvelle convention avec celle de l’an dernier. La subvention était alors de 15 000 euros. Pourquoi cette diminution de moitié ? Quelles conséquences pour les jeunes contaminards ? « C’est pour mieux correspondre à la fréquentation réelle des enfants de notre commune » nous a répondu le maire. « Il n’y a pas de changement pour les jeunes ». Peut-être … mais dans la précédente convention, le nombre de places garanties était de 6, et non pas 4 comme indiqué dans la nouvelle version… Il semble pourtant que cette diminution de subvention ait mis en péril un emploi d’encadrement des enfants….. On doit toujours rester vigilant quant à la véracité des paroles du premier édile du village.




On reste avec les activités des enfants du village pour la délibération suivante. Il s’agit du vote de la subvention pour le ski-club. Le montant de celle-ci est de 25 000 euros. Comme elle dépasse le seuil de 23 000 euros, une convention doit être signée entre la commune et cette association. L’adjoint aux finances a expliqué que tous les points étaient détaillés dans la convention qui nous avait été remise en annexe de notre convocation. Le problème est que nous n’avons pas reçu ce document. Il faut savoir que dans les convocations que nous recevons en recommandé, les annexes sont enregistrées dans une clé USB glissée dans l’enveloppe. Pour ne pas gaspiller du papier semble-t-il. Mais nous sommes souvent obligés d’imprimer ces documents pour les avoir lors des conseils municipaux. Où est l’intérêt ? Et est-ce vraiment économique et écologique de multiplier les clés USB ?

Avec la convocation du conseil du 3 juillet, nous avons donc reçu une clé USB contenant 16 annexes. Pour la délibération au sujet de la subvention du ski-club, nous devions consulter les annexes 2 et 3, à savoir un fichier « ANNEXE 2 Convention subvention ski-club 2018.pdf » dans lequel nous avons trouvé le bilan financier du ski-club pour la période allant du 1er juin 2017 au 31 mai 2018 et une second fichier « ANNEXE 3 Convention locaux Commune-Ski Club signé.pdf » qui présente la convention signée en 2015 par le maire et le président du Ski Club, Philippe Marguet pour l’occupation des locaux communaux. Aucune trace de la convention annuelle d’objectifs pour l’année 2018 signée par le maire et le président actuel du ski-club, Armand Louvier. 




Avant de passer au vote, nous avons mentionné l’absence de ce document sans doute due à une erreur lors de la préparation des convocations. « Une autre question ? » a répondu le maire. Nous avons dû répéter que nous n’avions pas reçu l’information et que la délibération ne pouvait pas être votée. La réaction du maire a été vive, « non il n’y a pas d’erreur, tout le monde a reçu les bons documents ». Il est clair qu’il ne voulait surtout pas admettre devant le sénateur que ses services avaient commis une erreur. Nous avons alors demandé aux autres conseillers s’ils avaient bien reçu l’annexe liée au vote du jour. « Oui bien sûr » ont-ils répondu. Mais quand nous avons demandé à l’un d’entre eux ce qui était indiqué dans ce texte, nous avons obtenu la réponse « Je ne m’en souviens plus… ». Nous avons proposé de consulter la clé USB que nous avions reçu pour vérifier ce qu’elle contenait. Cette proposition n’a pas été retenue… Le maire nous a alors répondu « il faut apprendre à utiliser une clé USB » et il est passé au sujet suivant. Comme nous n’avons pas reçu les informations nécessaires pour nous faire une opinion, nous avons préféré nous abstenir. 




Pourquoi cette obstination pour refuser d’admettre qu’une erreur se soit produite lors de la préparation des documents ? L’erreur est humaine et compréhensible. La loi indique que les conseillers doivent avoir pu prendre connaissance de toutes les informations avant de se prononcer. Ils doivent être « éclairés ». Nous aurions pu remettre exceptionnellement ce vote à une prochaine séance. Mais il fallut que cela arrive le jour de la visite du sénateur. Pas de chance !!! Et ce petit incident était très compliqué à accepter par le maire de notre commune qui explique à qui mieux mieux que tout ce qu’il entreprend est parfait. 




La délibération suivante concernait les forêts communales. Celles-ci sont gérées par l’Office National des Forêts qui propose chaque année l’exploitation de certaines parcelles. Cette délibération visait à refuser les coupes proposées par l’ONF pour 2019 et à ajourner les exploitations forestières jusqu’en 2025. Nous avons demandé des explications qui justifaient cette décision. « C’est après discussion avec l’ONF » nous a répondu Antoine Boisset. Nous avons du mal à comprendre comment tout cela fonctionne : l’ONF propose des coupes mais dans un second temps, elle dit qu’il ne vaut mieux pas les faire. Nous sommes restés perplexes face à ces explications…




De la forêt, on passe à l ‘eau, plus précisément aux réseaux d’eau. Un plan d’action est enfin proposé pour réduire les pertes en eau sur le réseau communal. Les travaux sont planifiés jusqu’en 2022 pour un montant total de 928 000 euros. Les secteurs concernés sont le Baptieux, les Loyers, le Nivorin d’en bas et la Côte d’Auran.

Cette partie sur les travaux s’est terminée avec ceux qui sont en cours autour du Nant d’Armancette. La commune va vendre au SM3A un ensemble de parcelles communales touchées par les nouveaux aménagements. Cela représente une surface de 2 hectares et la vente rapportera 56 500 euros à la commune. Comme nous abordions ce sujet, David a interrogé le maire pour avoir des informations sur l’avancement des travaux qui ont démarré ce printemps. Nos questions étaient nombreuses et elles correspondent à celles que se posent les habitants du village. Aucune information n’est donnée, et chacun découvre les aménagements au rythme des va et vient des bulls et pelleteuses « Tiens ? Ils creusent de ce côté !!! Et là, ils font une butte, Et là, ils ne font rien ?…. » . Beaucoup s’interrogeaient sur l’arrêt des travaux pendant l’été. Au 1er juillet, ils ont compris qu’une pause débutait. Et jusqu’à quand ? mi-août ? fin août ? mi-septembre ? Pourquoi aucune réunion n’a été organisée ? Pourquoi si peu d’information sur le site internet de la mairie pour un chantier d’une si grande envergure et qui doit durer 3 ans ? 




La réponse du maire a été « Je vous remercie Monsieur Mermoud ». « Et sur toutes mes questions ? Vous me dites juste Merci ? » a repris David. « Assez bien » a juste lâché le maire. Il fallait en déduire que les travaux se passaient assez bien. Nous avons compris que nous n’obtiendrions rien de plus. Ce refus de communiquer est incompréhensible. D’autant plus que le maire est vice-président du SM3A en charge de la maîtrise d’œuvre des travaux…. Faut-il en déduire que tout ne se passe pas comme le veut le maire et qu’il ne maîtrise pas tout le déroulé de ces travaux ? Ne peut-il pas imposer sa volonté et ses choix?




Nous avons constaté que même en présence d’un sénateur, le maire reste fidèle à lui-même lors des conseils municipaux et cela s’est confirmé pour les autres délibérations que nous aborderons dans 15 jours.


Lydie Roch-Dupland et David Mermoud


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mercredi 1 août 2018

Des délibérations diverses et variées.

Pour cet article, nous faisons un léger retour en arrière pour revenir au conseil municipal du 18 mai. Nous avons déjà évoqué les changements au parc de loisirs et les projets sur le chemin du Praz, mais il nous reste plusieurs sujets à aborder.

Les 2 premières délibérations concernent les relations entre la commune et l’ACCA (l’Association Communale de Chasse Agréée). Un bail de droit de chasse sur les propriétés communales avait été signé en septembre 1999 pour une durée de 18 ans. Pour que les chasseurs puissent sortir leur fusil en septembre prochain, ce bail doit être renouvelé. Une nouvelle version sera donc signée pour une durée, cette fois, de 30 ans. L’association des chasseurs des Contamines devra payer une redevance de 300 euros par an. De plus, ce contrat précise les conditions dans lesquelles les chasseurs doivent pratiquer leur activité sur l’ensemble de la commune.




Une seconde convention est signée entre la commune et les chasseurs pour l’utilisation du local mis à disposition par la commune. En effet, cette association occupe pour son activité une remise de 30 m² située au Nivorin-devant, au croisement entre la route de Nant-Fandraz et celle du Nivorin d’en bas. Ce local est utilisé pour les réunions des chasseurs et pour les opérations de contrôle du gibier. La nouvelle convention est signée pour une période de 12 ans sans aucun loyer. Mais les chasseurs s’engagent en contrepartie à réaliser des travaux de réparation de la toiture de la remise. (Remplacement de chevrons, étanchéité, couverture en tôles, …). Le coût de ces travaux prévus pour le printemps 2019 est estimé à 16 000 euros TTC. Voilà une belle économie pour la commune !!! Les chasseurs sont ainsi certains de pouvoir conserver leur local pour au moins 12 ans. Vu l’importance des travaux, il nous semble que le bail aurait pu s’étendre sur plus d’années ou que la commune aurait pu prendre en charge l’achat des matériaux nécessaires à la réparation. Si dans 12 ans, la commune récupère la remise pour un autre usage, les chasseurs qui auront travaillé pour remettre en état ce local communal n’auront pas été les gagnants de cette opération.




Les délibérations suivantes visent à obtenir des subventions. La première concerne une demande auprès du Conseil Départemental qui a mis en place le Fonds Départemental pour le Développement des Territoires. La commune espère obtenir des aides pour 2 opérations : la modernisation de la voirie communale et les travaux du presbytère. Les sommes sollicitées n’étaient pas indiquées. Espérons qu’elles seront élevées car les besoins pour la voirie communale sont énormes compte-tenu de l’état de certaines routes. En effet aucune réhabilitation n’a été effectuée sur les routes des Contamines depuis 4 ans et demi et la voirie communale est dans un piteux état…. Et là, ce n’est pas la faute des autres…. Mais peut-être que l’argent récolté ne servira qu’à financer la transformation du chemin du Praz, grande priorité du maire et de son équipe. 




Les travaux du presbytère ont enfin été lancés. L’ensemble de la toiture va être refait à neuf mettant ainsi fin aux fuites d’eau dans le grenier du bâtiment et dans les salles du premier étage. Le système de chauffage a été aussi réparé. Mais l’ampleur de ces travaux a été largement réduite par rapport à ce qui était initialement prévu. L’an dernier, le maire annonçait fièrement que la rénovation de ce bâtiment serait un exemple de ce qui pouvait se faire de mieux (reprise de la charpente et de la couverture avec isolation, isolation thermique par extérieur des façades, changement des fenêtres, changement de la chaudière, …). Mais toute la partie « isolation » est passée à la trappe. Les fenêtres actuelles seront conservées. La réfection du toit annoncée s’est transformée en un simple remplacement des chevrons et de la couverture endommagés et en une réparation du système de chauffage. Toutes les subventions espérées ont dû partir ailleurs …. Pourtant, on nous avait affirmé lors de précédents conseils que ces subventions étaient quasiment acquises. Encore des promesses non tenues… Comme la commune ne veut plus emprunter pour réaliser les travaux nécessaires, elle mise sur l’octroi d'aides de la région ou du département. Et quand celles-ci sont refusées, les travaux sont réduits au minimum. Pour information, c’est l’entreprise Roux de Magland qui a obtenu le chantier sur décision du maire.




D’autres subventions sont sollicitées pour la mise aux normes des accessibilités des équipements publics. Nous avons été surpris d’apprendre que le groupe scolaire est concerné par ces mises aux normes. Nous pensions que ce bâtiment récent avait été construit dans le respect des normes en vigueur pour l’accessibilité. Mais nous avons été vite rassurés, il ne s’agit là que d’ajouter quelques panneaux ici et là pour mieux informer les personnes à mobilité réduite ou des éclairages supplémentaires. En revanche le bâtiment de la mairie est loin d’assurer l’accessibilité de tous aux différents services. Une personne handicapée ne peut pas se rendre à l’accueil et encore moins à la salle du conseil municipal. Idem pour une personne avec une poussette. Diverses possibilités existent pourtant et auraient pu être réalisées durant les travaux de l’office du tourisme. Par exemple, les bureaux de la mairie auraient pu être descendus au rez de chaussée du bâtiment communal. Mais d’autres choix ont été faits par l’équipe municipale : la création d’une vaste salle pour Asters. 

Les travaux envisagés avec ces éventuelles subventions doivent permettre de faciliter l’entrée dans le couloir au rez-de-chaussée. Il est vrai que les 3 marches devant la porte représentent un premier obstacle. Une rampe d’accès doit être créée pour permettre de rentrer plus facilement dans le bâtiment. C’est une première étape mais on est très loin du compte. Certes l’affichage public (permis de construire, comptes-rendus de conseils municipaux, annonces diverses, …) sera accessible à tous mais l’accessibilité complète du bâtiment reste un vœu pieux. Ces travaux échoueront sur les épaules de la prochaine équipe municipale.




De la mairie, on passe rapidement à l’office de tourisme, là on nous emmène la délibération suivante. En mai 2015, suite à la création de l’EPIC, une convention d’objectifs était signée entre la commune et cette nouvelle structure de l’Office de Tourisme pour une durée de 3 ans. L’heure est donc venue d’en signer une nouvelle pour la même durée. Cela coïncide avec le changement de directeur. Après la mise à pied du précédent pour une période de 10 mois, l’EPIC est maintenant dirigé par Pascal Favier qui a travaillé précédemment dans les offices de Tourisme de Saint-Gervais et de Passy. Au moins, il connait bien la région !!! 


Pascal Favier,  directeur de l'Office de Tourisme


Avant de nous prononcer sur les objectifs pour les 3 prochaines années, nous avons demandé s’il était possible d’avoir un bilan de la précédente convention de 2015 à 2018. « On vous l’enverra » nous a répondu le maire qui n’avait visiblement pas du tout envie de se pencher sur la gestion passée de l’EPIC. Deux mois plus tard, nous n’avons toujours pas reçu de bilan de la précédente convention. Mais pour tout dire, c’est le contraire qui nous aurait surpris. A de multiples reprises et sur différents sujets, le maire nous a promis de nous faire parvenir des documents complémentaires suite à nos questions. Nous n’avons jamais rien reçu. Ce « on vous l’enverra » est pour Etienne Jacquet une façon de botter en touche !!!

Nous avons lu attentivement cette nouvelle convention. Celle-ci liste les missions de l’EPIC pour les prochaines années. Au regard des 3 années passées, on ne peut que s’interroger sur l’intérêt d’un tel document rempli de belles intentions qui finalement sont très peu suivies. Sur plusieurs pages, on retrouve toutes les missions que peut avoir un office de tourisme : offrir une information adaptée à la demande, assurer une mise à jour régulière des documents, renforcer le désir de découverte chez le visiteur, développer la consommation touristique sur le territoire, … . 

Tout cela est bien beau mais aucun outil n’est mis en place pour savoir en fin de période si ces belles intentions ont été réalisées ou non. Aucun contrôle régulier n’est prévu pour vérifier si l’importante subvention accordée par la mairie est correctement utilisée et si les actions mises en place répondent aux objectifs attendus. On est dans l’opacité la plus totale. A quoi sert de créer des conventions si aucun retour n’est effectué. Si on ne discute pas des erreurs ou des réussites ? Pourtant la mairie exige des résultats de la part des associations locales subventionnées. Si elles ne répondent pas aux exigences elles sont punies et ne reçoivent pas leurs subsides. On le voit : l’équipe municipale a des exigences drastiques pour certains mais s’accorde des libertés incroyables. On est toujours dans le deux poids deux mesures. 




Les mêmes objectifs étaient listés en 2015 et on peut constater qu’ils n’ont pas été atteints. On peut s’étonner qu’aucune obligation supplémentaire n’ait été ajoutée pour éviter que les dérapages financiers que l’on a connus ne se reproduisent. On aurait pu espérer voir l’apparition de contrôles plus strictes sur les comptes de l’EPIC ou des modifications du mode de gestion. Mais non, on continue comme si rien ne s’était passé, comme si le déficit de 900 000 euros cumulés n’existait pas.

Un autre point a retenu notre attention. Ce document précise « qu’il est demandé à l’EPIC Contamines Tourisme de mettre en œuvre une stratégie de promotion axée autour de la cible de la clientèle principale : la famille et le produit : la nature et l’environnement ».

Que la famille soit la cible principale de notre station n’est pas une surprise, elle l’est depuis des décennies. Cela se retrouve dans quasiment toutes les stations de sports d’hiver à quelques exceptions près. En revanche, on peut s’étonner que le « produit » proposé par les Contamines soit « la nature et l’environnement ». Où sont passés les idées de montagne, neige, ski, village, Mont-Blanc ? « Cela est présent dans la nature et l’environnement » nous a répondu la maire. Oui mais la mer, la campagne rentrent aussi dans la notion de nature et d’environnement !!! Voilà 2 mots qui veulent tout dire et rien dire à la fois et ils sont utilisés pour définir la stratégie des Contamines comme pour n’importe quel autre lieu touristique. On aura « Les Contamines-Montjoie : la nature et l’environnement » comme on aurait « La baie de Somme : la nature et l’environnement » ou « Les Cévennes : la nature et l’environnement ».


La baie de Somme : nature et environnement


Utiliser ces 2 mots pour définir le positionnement de notre station est une hérésie. Si encore on avait « La montagne et l’environnement » ou « La neige, le ski et la nature », ce serait tout à fait compréhensible. Tous les mots qui définissent les Contamines que nous connaissons ont été effacés au profit de « Nature et Environnement ». D’ailleurs il faudra nous expliquer l’intérêt d’utiliser 2 mots exprimant la même chose. 

Il est vrai que notre commune a la chance de bénéficier de la présence d’une réserve naturelle exceptionnelle mais il ne faut pas oublier que le tourisme s’est développé et continue à exister grâce à la neige, au ski et tout ce qui est lié. Si notre village est devenu une station qui compte, c’est principalement grâce à la qualité de son domaine skiable situé au cœur d’un site remarquable. L’oublier est une grave erreur. Même s’il est nécessaire de diversifier l’offre de loisirs à notre clientèle, la première raison qui fait venir les touristes aux Contamines est la neige et les sports de montagne.




De plus, l’utilisation de ses 2 mots « Nature et environnement » est presque risible au regard des actions de l’équipe municipale depuis 4 ans. Où sont les actions pour la nature et l’environnement ? On les cherche… On trouve plutôt la volonté de construire des immeubles de 21 mètres de haut qui viennent masquer les paysages, la priorité donnée aux voitures face aux piétons à de multiples endroits, le projet de mettre un revêtement sur le chemin du Praz pour des raisons incompréhensibles, la disparition temporaire de la gratuité des navettes, la velléité en début de mandat de créer un zoo à Notre-Dame de la Gorge… La politique municipale n’a jamais été portée sur l’environnement…. Ni sur la préservation des lieux fragiles ou remarquables. L’air du temps impose de se tourner vers des politiques environnementales sérieuses et protectrices, alors que rien de tout cela n'est mis en oeuvre depuis 4 ans. Mais ce n’est pas la première fois, et sans doute pas la dernière, que les actes sont en totale contradiction avec les paroles. 


Lydie Roch-Dupland et David Mermoud


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dimanche 15 juillet 2018

Le centre du village sauvé par un collectif ?

Depuis plusieurs mois nous n’avions plus de nouvelle du projet immobilier annoncé au centre du village. Le permis de construire avait été accordé le 14 décembre 2017, l’enquête publique pour le déclassement du parking avait suivi quelques semaines plus tard, mais depuis, rien ne se passait. Nous ne savions pas si les pelleteuses allaient arriver pour détruire la boucherie ou bien, si les promoteurs traînaient des pieds suite à d’éventuels problèmes administratifs. Aucune information ne venant de la mairie, il était très difficile de connaitre l’état de la situation.

Mais la semaine dernière, nous avons eu la surprise de découvrir la dernière « parution » de la commune. Bulletin municipal ? Lettre du maire ? Hors-série ? On ne sait plus comment appeler ce document. Qu’importe la forme, nous n’avons pas été déçus par le fond. Nous pouvons remercier le maire d’annoncer une très bonne nouvelle à une large partie des habitants permanents ou non du village : le projet immobilier du centre est bloqué pour 1 ou 2 ans. Nous ne verrons donc pas s’élever de sitôt sur la place du village les barres d’immeubles venant masquer le paysage du haut de leurs 21 mètres. Et nous pourrons encore nous garer facilement. Dans de nombreux articles de ce blog nous avons fréquemment expliqué pourquoi ce projet nous déplaisait tant. Aujourd'hui qu’il est bloqué nous ne pouvons que nous en réjouir. 





Pour le maire, en revanche, ce blocage semble difficile à avaler, lui qui a répété si souvent que SON projet verrait le jour contrairement à ceux des précédentes municipalités. Et pour expliquer cette déconvenue, il a trouvé un coupable idéal : le collectif Cocicomo. Les lecteurs fidèles de ce blog connaissent ce Collectif Citoyen des Contamines-Montjoie, à qui nous avions laissé la parole récemment pour qu’il puisse présenter ses différentes actions. Nous soutenons vivement ce groupement de personnes qui ont su s’engager pour défendre les valeurs auxquelles elles sont attachées. 

Cocicomo avait déposé un recours gracieux auprès de la commune suite à l’accord du permis de construire. Ce recours ayant été rejeté par le maire, la seule solution était d’engager un recours devant le tribunal administratif de Grenoble. Celui-ci a été déposé le 9 juin dernier, lançant ainsi une procédure qui pourrait durer jusqu'à 2 ans, voire davantage. 




Cette action venant fortement contrarier les grands projets du maire, celui-ci s’en prend vivement aux membres du bureau de Cocicomo allant même jusqu’à les menacer de représailles devant la justice. Ils sont accusés de tous les maux : « opposition systématique, refus du dialogue, colportage de rumeurs farfelues »,… Ils sont désignés à la vindicte populaire comme étant ceux qui viennent empêcher le village de se dynamiser et d’être les obstacles à un avenir supposé radieux. Ce papier qu’on peut qualifier de torchon, dans lequel il tente de donner en pâture des citoyens contaminards serait risible, si ce n’était pas si triste… Triste pour les Contamines… Cette méthode archaïque et utilisée pour manipuler une population jugée crédule, montre bien le peu de respect que porte ce maire de village à ses concitoyens. Bienheureusement, les habitants des Contamines, pour la grande majorité ne sont pas aveugles et réfutent largement ces basses actions, payées par les deniers publics ! 




Ce document distribué par les élus Thierry Mirabaud, Gilles Brotel et Alain Musard dans les commerces a été édité à 1 700 exemplaires. Il serait intéressant de demander le coût d’une telle campagne de discrimination. Ce sont nos impôts qui permettent au maire de tenter de salir des habitants du village. Les membres du Bureau réagiront peut-être pour rétablir toutes les vérités. La réponse qu’ils apporteront sera celle du collectif et non pas celle des cinq personnes citées. Le fonctionnement d’un collectif, n’est pas celui, comme aux Contamines, d’une mairie dirigée par une seule personne qui veut tout contrôler ! En attendant nous ne pouvons que les féliciter de s’être ouvertement engagées pour porter la parole de tous. Et face à ce document indigne d’un premier magistrat d’une commune, nous avons souhaité apporter quelques éléments de réflexion. 

Ainsi le maire des Contamines vient se plaindre comme Caliméro : « 5 méchantes personnes ont bloqué la construction de mon beau et grand immeuble sur la place, c’est vraiment trop injuste… ». Mais si on regarde en arrière, on peut se rendre compte que le dossier avait peu de chance d’aboutir. 




Comme le rappelle ce document, toutes les municipalités précédentes ont cherché à réaliser des travaux pour moderniser le centre du village. Aucun des projets n’a pu aller à son terme. Nécessitant plusieurs années de développement, leurs concrétisation a souvent été remise en cause par les échéances électorales, le centre du village devenant le sujet principal des élections municipales. Il faut dire que ce sujet est des plus clivant, chacun ayant à l’esprit sa vision de ce que doit devenir le centre des Contamines. Entre ceux pour qui il ne faut rien changer et ceux qui voudraient tout raser, il y a un gouffre !!! Un projet faisant l’unanimité semble impossible. S’il y a un sujet à prendre avec des pincettes aux Contamines, c’est bien celui-là. 

Nous aurions pu imaginer qu’une nouvelle municipalité tienne compte de tout cela et avance sur ce sujet avec douceur et délicatesse. Les possibilités étaient multiples pour que la population s’approprie ce dossier et que le projet soit développé en accord avec le plus grand nombre : réunions d’informations préalables, groupes de réflexion, explications des avantages et inconvénient des différentes solutions, référendum pour choisir le lauréat,… Le projet de l’ancienne municipalité avait été arrêté devant l’échéance électorale, par souci de cohérence, afin de permettre aux nouveaux élus d'éventuellement remanier le projet. L’équipe d’Etienne Jacquet l’a jeté aux orties, certains conseillers ne l’ont même jamais vu. 


Projet de Quanim Escrim

La douceur et la délicatesse ne sont pas dans les manières du maire. Au lieu de tenir compte des erreurs du passé, il les a reproduites, et même amplifiées. Pas de discussion, pas de concertation, les contaminards doivent accepter LE projet choisi par le maire. Et s’il ne leur plait pas, il leur sera imposé et ils devront l’accepter. "Super Jacquet" allait réussir là où tous les autres avaient échoué. Mais l’équipe municipale a oublié un détail : au soir du 20 mars 2014, elle n’a été élue qu’avec une seule voix d’avance, lui donnant certes la majorité mais aussi l’opposition la plus importante qu’on puisse trouver et représentant 49.88 % des votants. 

Dans une telle situation, n’importe quel nouvel élu aurait compris sa position majoritaire relative et aurait cherché à travailler avec l’opposition forte en nombre. L’échange et le partage d’idées auraient dû être au centre des préoccupations de la majorité du conseil afin d’avancer des projets cohérents et créer une coalition constructive, vraiment tournée vers l’avenir du village. Mais l'équipe municipale a fait tout le contraire : exclusions des élus d’opposition des commissions municipales, mépris des citoyens et des idées différentes des siennes, critiques systématiques des municipalités précédentes, refus des questions du public lors des séances du conseil municipal, informations quasi inexistantes ou toujours très critiques, décisions incompréhensibles, arrêt de tous les projets datant d’avant mars 2014 (médecin, ski-roue, carrefour des Loyers…etc…) … Toutes les conditions étaient réunies pour que des personnes qui ne partagent pas la vision de la majorité, s’activent et se rassemblent pour défendre leurs convictions. Si le premier magistrat se plaint maintenant de l’existence d’une opposition forte à ses projets, il en est le seul responsable. 





Quand le projet du centre est revenu d’actualité, il est clairement apparu que l’avis des Contaminards et des résidents non permanents ne seraient pas entendu. Nous ne reviendrons pas ici sur les conditions étranges pour le moins, dans lesquelles le choix du lauréat s’est déroulé (règlement modifié pour l’un des projets, les autres candidats non informés de ces changements, lauréat qui annonce sa victoire plusieurs jours avant la décision du jury,…). C’est le projet de Quanim-Escrim qui avait été choisi, c’est le projet qui devait être réalisé !!! Le maire a tout tenté pour imposer ce projet qui lui tenait tellement à cœur. Il s’est même acharné, contre tous. Tout au long du processus qui a suivi, les signes de la contestation n’ont pourtant pas manqué. Ainsi la procédure pour modifier le POS a été annulée suite à l’avis défavorable du commissaire enquêteur. On peut se rappeler de la forte mobilisation de tous à cette occasion pour affirmer le refus de ce projet par la population. Suite à cela, le permis de construire avait été retiré par le promoteur. Lors de l’enquête publique pour le PLU, ce sujet a fait ressortir de nombreuses remarques négatives : beaucoup s’opposant à la création d’une zone spéciale pour ces immeubles, leur donnant la possibilité de s’élever jusqu’à 21 mètres. 



Extrait des plans du permis

Mais sans écouter et sans tenir compte de tout cela, le maire et ses conseillers ont continué à faire avancer le dossier, espérant le voir démarrer au plus vite et pensant sans doute faire taire les oppositions. Mais celles-ci ont repris vigueur en découvrant les plans et les détails de ce permis. Un aménagement du centre avait été annoncé, ce n’était finalement qu’un programme immobilier, sans cohérence avec les paysages, ni intégration de la place… Aucun stationnement supplémentaire, une place de village réduite, aucun aménagement pour les piétons,… De plus dans le projet d’hôtel et de résidence de tourisme, les incohérences sautaient aux yeux à l’examen des plans : un bloc massif supprimant toutes les vues remarquables sur les sommets environnants, un hôtel 4 étoiles sans salle de réception, un local commercial de 16 m², de très nombreux appartements en vis-à-vis, un nombre de place de stationnement insuffisant, … pour ne citer que quelques exemples. Les réactions ont été vives dans le village et une toute petite poignée de commerçants a eu beau afficher sur leur vitrine une version enjolivée de ce projet tant par la forme que par les hypothétiques retombées, le charme n’a pas pris, loin, très loin de là.





Le Collectif Citoyen des Contamines-Montjoie, qui compte près de 200 membres a décidé de réagir. C’est grâce aux dons de très nombreuses personnes, qu’il a pu engager une action en justice. On est loin des 5 individus désignés par le maire. Cette procédure devant le Tribunal de Grenoble est une volonté de tous de ne pas voir apparaître au cœur des Contamines un immeuble venant défigurer le paysage. Il ne s’agit pas de refuser un développement de la station, bien au contraire. Le souhait partagé est de conserver toutes les caractéristiques de notre village de montagne. Il est vrai que le centre des Contamines a besoin d’un aménagement, il est vrai aussi que les projets avancent dans les autres stations, mais est-ce une raison pour accepter de faire n’importe quoi et n’importe comment ? Les Contamines méritent tellement mieux que ça. 




Grâce à cette action de Cocicomo, le début des travaux est repoussé. Pour combien de temps ? 6 mois ? 1 an ? 2 ans ? Peut-être ce projet ne verra-t-il jamais le jour ? Tout dépendra du calendrier de la Justice. Les délais de traitement des dossiers sont très longs, il faut souvent patienter plusieurs années pour qu’un jugement soit rendu. Mais ce délai ne peut pas être imputé au Collectif.  

Dans sa lettre, le maire accuse Cocicomo d’être à l’origine du blocage du dossier. Mais cette vive réaction n’est-elle pas l’excuse providentielle pour venir masquer un projet qui prenait l’eau ? On peut s’étonner de la réaction de la mairie et du promoteur face à ce recours contre le permis. Ce type de procédure est assez banal, de très nombreux permis de construire sont attaqués. Les promoteurs n’ont-ils pas envisagé cette possibilité dans leur planning ? L’équipe municipale est très entourée de légistes en tout genre : une juriste fraîchement promue à un poste A de la fonction publique territoriale, et des cabinets d’avocats spécialisés en droit public. Au dernier conseil, le maire a pris une décision unilatérale : il a choisi pour la deuxième fois de son mandat un cabinet d’avocats pour la modique somme de 220 000 euros pour deux ans. 




Le maire est tellement sûr de lui : selon lui, il est évident que l’action engagée n’aboutira pas. Il peut sans difficulté, avec les promoteurs, commencer les travaux. Dans ce cas, l’avocat du Collectif Citoyen pourrait saisir la justice en référé. Et si le projet immobilier du centre est aussi parfait que le dit le maire, le processus législatif serait réglé en 6 mois ! Les travaux définitifs du centre d’Etienne Jacquet verraient le jour dès le printemps prochain. L’attitude du premier édile, sa recherche de responsables à cet échec, prouve bien que ce projet est mal ficelé et qu’il le sait….. Il est plus simple de prendre des boucs émissaires plutôt que d’admettre que la population aurait dû être écoutée et que le projet aurait dû être établi dans les règles de l’art, au lieu de faire un forcing pour imposer à tout prix ce programme immobilier qui a fait un véritable consensus contre lui.



Et qui peut croire qu’un collectif de simples citoyens contaminards serait capable de bloquer un projet développé par des professionnels de l’immobilier, entourés d’une armée de juristes si ce permis n’était pas rempli d’éléments factuels démontrant qu’il n’est pas valide ? Sans doute, les arguments avancés par l’avocat de Cocicomo sont valables et mettent en lumière tous les défauts et les irrégularités de ce permis de construire et démontrent de manière irréfutable l’infaisabilité de ce programme.

La lettre distribuée dans les Contamines a pour titre « Le projet centre village bloqué par une association ». Ce titre ne reflète pas la réalité. « La fin annoncée d’un projet immobilier mal conçu et mal géré » aurait été plus adapté et proche de la vérité.


Lydie Roch-Dupland et David Mermoud


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