lundi 15 juillet 2019

Pour 50 cm de plus

Dans nos articles du début de l’année, nous avons évoqué à plusieurs reprises la construction du bâtiment d’accueil de la patinoire. Les délibérations votées successivement montraient que ce dossier avait été géré avec peu de rigueur. Mais les éléments qui apparaissent aujourd’hui nous démontrent que nous étions bien loin du compte.



Comme bien souvent, un petit retour en arrière est nécessaire pour bien comprendre. Lors du conseil municipal du 18 décembre, nous avions été choqués par la façon dont l’équipe municipale avait lancé les travaux de ce bâtiment. En effet, ce jour-là, nous étions appelés à délibérer pour autoriser le maire à déposer le permis de construire du chalet d’accueil. Or, ce vote avait été largement anticipé : le permis avait été déposé le 9 septembre, accordé le 26 novembre et au moment de cette délibération, le bâtiment était quasiment terminé. Une façon bien particulière de procéder. Mais nous étions loin d’avoir tout vu.

Deux mois plus, lors du conseil municipal du 9 mars, parmi les délibérations du jour, nous avions été très surpris de voir apparaître une demande de subvention pour les travaux autour de la patinoire. La surprise venait du fait qu’en décembre nous avions déjà voté une demande de subvention pour ce même projet. Mais entre-temps, l’estimation du coût des travaux était passé de 150 000 à 254 000 euros. Nous avions interrogé les élus de la majorité sur l’origine de cette différence de 104 000 euros. « Le coût est un petit peu plus important » avait expliqué l’adjoint aux Finances. Le directeur des Services techniques avait ajouté « Nous avons eu une estimation plus précise ». Ses réponses nous avaient semblé peu convaincantes, mais faute de mieux, nous avions fait avec …

Quelques mois plus tard, il semble que nous ayons enfin trouvé l’explication à cette hausse spectaculaire du prix de la construction de ce bâtiment. Si l'on se réfère au Plan de Prévention des Risques Naturels, il apparaît que la patinoire est située dans une zone à risques. A cet endroit, les services de l’Etat ont identifié divers dangers pour les personnes et les biens : risques d’inondation à cause de la proximité du Bonnant et du torrent d’Armancette et risques d’avalanche (l’avalanche de la Combaz est descendue jusqu’à cet endroit dans le passé). A cause de ces risques, la construction de bâtiments dans cette zone est soumise à un règlement très strict.




Le terrain sur lequel a été construit le chalet d’accueil de la patinoire doit suivre les préconisations des règlements J et B, cette parcelle se trouvant dans la zone 590JB. A cet endroit, il est autorisé de construire mais en respectant quelques contraintes. Ainsi, un mur en dur doit être réalisé côté sud afin de préserver les usagers d’une éventuelle lave torrentielle. Côté ouest aucune ouverture n’est admise, puisque l’avalanche de la Combaz peut descendre à cet endroit. Il est également spécifié que « aucune pièce destinée à une occupation (pièce d’habitation, bureau, atelier, commerce, …) ne sera réalisée au-dessous de la cote TN+1. ». En d’autres mots, cela veut dire que tout bâtiment devra être surélevé d’1 m au-dessus du niveau du sol. Or, un « léger problème » apparaît : le bâtiment construit cet automne a été surélevé mais à peine de 50 cm. Il manque 50 cm, ces 50 cm qui changent tout. 




La Direction Départementale des Territoires de Haute-Savoie a dû se saisir du dossier après avoir constaté que la mairie des Contamines avait construit un bâtiment recevant du public sans suivre la réglementation en vigueur, cette réglementation du PPRN pourtant instruite par les services de la mairie sous la responsabilité du maire actuel ! Tout de même !!! Conséquence de cette réaction de la DDT : des travaux d’envergure ont été relancés récemment sur le chalet pour être mis en conformité avec la loi. Finalement le premier magistrat n’a pas pu négocier avec les services de l’Etat : la roue tourne…

Comment passer d’une surélévation de 50 cm à une surélévation d’1 mètre pour un bâtiment terminé ? Pour le savoir il suffit d’aller faire un tour vers la patinoire. Pour obtenir les 50 cm manquants, il a fallu soulever le chalet pour permettre de rehausser les murs de soubassement, entreprendre toutes les opérations nécessaires… Maintenant Il faut revoir tous les branchements électriques, les arrivées et évacuations d’eau, … Cette opération doit être complexe et demander l’emploi de techniques particulières. Et tout cela doit avoir un coût important non prévu au départ : 104 000 euros peut-être. ?


Avant


Après


Sous le chalet d'accueil


Il semble donc que les services de la DDT soient venus rappeler à Etienne Jacquet que la réglementation sur la construction doit être suivie aussi bien par les particuliers que par les communes. Et n’ayant pas d’autres solutions que d’obéir, le premier magistrat a dû se résoudre à entreprendre ces travaux non prévus. On a bien vu que tout a été fait pour que cela soit le plus discret possible. En pleine construction du pumptrack, qui va s’intéresser à ce qui se passe autour du chalet d’accueil ? Et pour tenter de noyer le poisson, la poursuite de la construction des bâtiments à côté de la patinoire (garage, salle des associations, …) a été annoncée. Mais tout le monde n’est pas tombé dans le panneau !!!

Une question se pose maintenant ? Quelle est la raison de ce non-respect de la réglementation ? Cela est-il dû à une erreur grossière ou la conséquence d’une décision prise sciemment ?

Le PPRN a été revu récemment et suivi par l’équipe municipale. A plusieurs reprises, le maire s’est vanté d’avoir pu négocier avec les services de l’Etat pour faire évoluer tel ou tel règlement, modifier telle ou telle zone. On peut penser qu’avant de lancer le projet d’aménagement du secteur de la patinoire, toutes les règles qui s’imposent sur ces parcelles ont été lues et relues. Par ailleurs, Il semble difficile de passer à côté de la contrainte du mètre de surélévation obligatoire. Un mètre au dessus du sol, ce n’est pas rien !!! Certes, la zone voisine est soumise au règlement I qui impose que le bâtiment soit 50 cm au-dessus du niveau du sol. Mais cela concerne la parcelle voisine… Professionnel du bâtiment, Etienne Jacquet doit savoir lire un plan et un règlement d’urbanisme. Et il ne faut pas oublier qu’une des adjointes, membre de la commission d’urbanisme, est architecte. De plus, le permis de construire a été validé par une autre architecte… A-t-elle seulement regardé les zonages ? Comment entre les regards acérés du maire, de l’adjointe, du DST, de la DGS, de l’architecte cette « erreur » a pu avoir lieu ? Qui est responsable de l’argent encore une fois gaspillé par un flagrant manque de sérieux ? de professionnalisme ? Ou un manque intérêt tout simplement ?








De plus, depuis 2014, le maire nous a tellement expliqué que les équipes municipales précédentes étaient si incompétentes, n’avaient pas mis en place les réglementations nécessaires. Selon lui, il est le seul à savoir gérer correctement une commune, sachant tout ce qu’il faut faire et ne pas faire, connaissant tout sur tout, mieux que tout le monde. Dans ces conditions, on ne peut pas croire qu’il puisse avoir commis une erreur de débutant, confondre un I avec un J !!! 





Mais alors, pourquoi manque-t-il 50 cm sous le chalet d’accueil ? Si ce n’est pas une preuve flagrante d’incompétence, qu’est-ce que cela peut être ? Nous vous laissons vous faire votre opinion. Mais en tous cas, la facture va devoir être payée par les contribuables pour tout remettre dans les normes. Nous ne savons pas si cela correspond totalement à la hausse de 104 000 euros apparue entre décembre et mars, mais le coût doit être important. Voilà une belle utilisation de l’argent public. Et sans aucune vergogne, l’équipe municipale, face à cette dépense supplémentaire, n’a pas hésité à solliciter une subvention supplémentaire à la Région et au Département. Pourquoi se gêner ? Depuis quand les subventions sont-elles là pour réparer les erreurs ? On n’oublie pas non plus que les subventions restent tout de même l’argent de chacun d’entre nous : ce sont nos impôts qui font les subventions.

Enfin, cette surélévation va avoir des conséquences indirectes. Par exemple, une rampe d’accès pour les handicapés est prévue sur le côté du chalet. Mais une rampe pour monter 1 mètre, c’est différent de 50 cm. Il faut respecter une certaine pente. Il va falloir tout repenser. Et on peut aussi imaginer que le rangement de la surfaceuse dans le garage sera beaucoup plus compliqué.





Ces 50 cm, vraiment, changent tout… C’est largement plus contraignant, mais c’est la règle. Peut être que cette zone ne sera jamais inondée, peut-être qu'aucune avalanche n’arrivera plus à la patinoire. Mais le PPRN a été validé et doit être appliqué sur toutes les parcelles des Contamines, par tous les particuliers et en tout premier par la Commune. Dans ce dossier, celle-ci a tout fait de travers : un permis déposé 3 mois avant le vote de la délibération qui l’autorise, un non-respect de la réglementation. Bravo, vraiment Bravo !!! En décembre le maire avait répondu qu’il n’avait pas de leçon à recevoir sur la dépose de permis. Il vient de démontrer le contraire.

A noter : conseil municipal ce jeudi 18 juillet à 20h



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Lydie Roch-Dupland et David Mermoud


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lundi 1 juillet 2019

La valse des directeurs

Un nouveau conseil municipal s’est déroulé le 20 juin. Depuis le mois de mars, une séance est organisée chaque mois. Nous qui nous plaignions de la raréfaction des conseils municipaux, nous voilà servis. Mais vu l’inconstance du maire de la commune il est impossible de prédire si la prochaine réunion aura lieu en juillet ou en septembre.

Si cette réunion n’a pas été marquée par des délibérations d’un grand intérêt, elle nous a permis d’avoir la confirmation d’une nouvelle qui parcourait le village depuis quelques jours. À la suite de notre question, le maire a confirmé le départ du directeur de l’Office de tourisme. Julien Mure était arrivé en janvier, et 6 mois plus tard, il quitte déjà son poste. Faut-il réellement s’en étonner ? Son prédécesseur n’était resté lui aussi que 6 mois. La surprise aurait presque été que Julien Mure puisse enchaîner 2 saisons touristiques.




Le maire, bien sûr, n’a donné aucune explication à ce départ précipité. Expert de la langue de bois, il a su utiliser les formules toutes faites qui sont citées en de telles circonstances « Nous regrettons vivement son départ », « Il nous quitte pour des raisons personnelles » ?... Bien sûr, nous ne connaîtrons jamais les vraies causes de ce départ. Nous n’avons pas eu le temps de juger les qualités professionnelles de Julien Mure. Originaire de Saint-Gervais, il avait l’avantage de bien connaitre notre territoire et tous les atouts de notre station, autant en hiver qu’en été.

Ce départ vient s’ajouter à l’histoire si mouvementée de l’office de Tourisme des Contamines depuis 2014. A ce moment-là, Michel Buisson occupait le poste depuis qu’il avait été recruté par les socio professionnels membres de l’association qui gérait alors le tourisme contaminard. Mais sans juger de la qualité de son travail, sans se préoccuper de tout ce qu’il avait apporté à la station depuis son arrivée, le maire et son équipe ont tout mis en œuvre pour qu’il quitte son poste : il n’avait qu’un seul défaut, il avait travaillé avec les élus en place avant 2014, et lors de la campagne électorale d’Etienne Jacquet l’avait placé comme bouc émissaire. A l’automne 2015, Michel Buisson est parti vers une autre vallée, et en décembre 2015, il a été remplacé par Christophe Gernigon en provenance de Méribel, choisi et imposé par le maire. Celui-ci expliquait avoir tout compris au tourisme en un seul entretien avec le nouveau directeur, alors c’était la fête ! Par la suite, tout semblait aller pour le mieux, L’EPIC dépensait sans compter, des grands projets était annoncés, un avenir radieux était promis pour les Contamines,.... jusqu’au 20 juin 2017. Ce jour-là, en plein conseil municipal, le maire annonçait « On a un problème avec l’EPIC ». Quelques jours plus tard nous apprenions la mise à pied du directeur. Une punition dont on ignore le motif réel mais qui s’est étalée sur la durée exceptionnelle de 10 mois.




En mai 2018, Pascal Favier reprenait la place. A nouveau, de grandes choses pour le tourisme aux Contamines étaient annoncées par le maire. Nouveau positionnement « La nature et l’environnement », un nouveau slogan « Une réserve naturelle d’émotion ». Et patatras, en octobre, à peine installé, ayant eu juste le temps de prendre connaissance des dossiers, Pascal Favier était remercié ou préférait partir travailler ailleurs. Nous ne savons pas quelle était la raison précise de ce départ. « …. Pour des raisons personnelles », bien sûr!!! . On peut entendre sans trop se tromper que ces directeurs ont effectué leur période d’essai de 6 mois et qu’ils ne souhaitaient en aucun cas poursuivre plus avant leur expérience contaminarde.




Julien Mure est donc resté lui aussi 6 mois à la direction de l’Office de Tourisme. Maintenant, sans doute, Annick Roger va reprendre l’intérim comme elle l’a fait dans le passé entre un départ et une arrivée. Finalement, si on ajoute toutes les durées de ses remplacements, c’est elle qui sera restée en place le plus longtemps. 

Cette valse des directeurs de l’office de tourisme, démontre un réel problème du fonctionnement de l’EPIC. Cette structure mise en place en 2015 est pilotée directement par Etienne Jacquet qui en est le président. Il détient tous les pouvoirs, puisque parmi les 12 membres du comité de direction, 7 sont des élus de son équipe municipale. Il reste donc 5 places pour les représentants des socio professionnels de la station. Et comme si cela ne suffisait pas, la vice-présidence de l’EPIC est depuis l’an dernier, occupée par Thierry Mirabaud, adjoint au maire. Pourtant les statuts initiaux de cette structure prévoyaient, « pour un souci de représentativité », que ce poste soit occupé par un des 5 représentants des socio professionnels. Ces statuts ont dû être modifiés pour laisser la place…




Quelles sont alors les raisons de ces nombreux changements ? Pourquoi tout est si compliqué à l’EPIC ? Il ne faut pas oublier non plus que dans les équipes, les changements sont aussi nombreux (animateurs, personnel d’accueil, communication, …). Mais la principale question est comment produire un travail de qualité dans ces conditions ? Dans le secteur du tourisme, il faut du temps pour installer des changements, travailler avec les acteurs locaux, communiquer sur l’image de la station, créer des événements, monter une équipe qui connait bien son cadre de travail ... Tous cela est impossible avec un tel turnover. 

Nous sommes dépités face à ce départ de Julien Mure. Alors qu’un travail important est nécessaire pour redonner ses lettres de noblesses aux Contamines, pour lui faire retrouver sa place parmi les stations qui comptent, nous voilà repartis pour une période de gestion des affaires courantes. Peut-être verrons-nous l’arrivée d’un nouveau directeur qui s’installera et découvrira son travail au sein de l’EPIC sous la houlette de cette équipe municipale qui lui imposera ses choix. Probablement, lui aussi quittera son poste rapidement…

Lors de ce conseil municipal, 2 délibérations ont été votées au sujet de l’EPIC. Chacune vient détériorer la situation déjà si compliquée de l’office de tourisme. 

La personne responsable de la cellule de communication de l’office de tourisme quitte son poste. Dans une situation normale, compte tenu de l’importance de la communication dans le milieu du tourisme surtout quand la structure doit fonctionner sans directeur, un remplacement poste pour poste aurait été logique. Et bien non. Ce rôle va revenir à la chargée de communication de la mairie qui va partager son temps entre la communication de la mairie et celle de l’office de tourisme. (40% pour la commune, 60% pour l’EPIC). Comment assurer une action efficace dans ces conditions ? 




Nous avons demandé si cela est temporaire en attendant un recrutement à l’EPIC. Notre question semble avoir étonné le maire qui a confirmé que cette configuration était définitive. Pour lui il n’y a aucun problème que la communication d’une station touristique soit assurée à 60% d’un temps de travail. Que la mairie d’une commune de 1200 habitants doive s’assurer les services d’une chargée de communication ne le perturbe pas davantage. On se doutait bien que dans une petite commune une chargée de communication ne devait pas remplir un temps plein en travail de communication : un cabinet du maire est tout à fait déplacé dans ce cas de figure…. Décidément, nous ne verrons jamais les choses de la même manière. 

Nous voilà donc face à un mélange des genres bien curieux. Une employée de la mairie, qui reçoit ses directives du premier magistrat, est donc chargée de la communication de l’office de tourisme. Au moins comme cela, les choses sont claires, le maire pourra utiliser l’office de tourisme pour mettre en valeur son action et étendre sa propagande. 




Et cela a déjà commencé. Dès qu’on arrive sur le site internet de l’office de tourisme, l’information principale qu’on apprend est que la piste ski-roue est inaugurée ce samedi 29 juin. Pour les personnes qui cherchent une destination pour leurs vacances d’été ou qui veulent en savoir plus sur les Contamines, est-ce vraiment l’information principale à leur donner ? Ne devrait-on pas plutôt annoncer en premier que la saison d’été est lancée, que les activités sont ouvertes, que la station est prête à accueillir les visiteurs ou que les Contamines et ses sommets sont un havre de fraîcheur en ces temps de chaleurs suffocantes sur toute la France ? Peut-on croire que l’inauguration de la piste-roue avec la présence de nombreux officiels locaux va être un élément déclencheur pour réserver un séjour aux Contamines ? Le rôle de l’office du tourisme est de vendre cette nouvelle activité, et d’informer sur son fonctionnement (horaires, tarifs, prestations…), pas de communiquer sur un événement officiel.





La seconde délibération au sujet de l’EPIC est presque risible. La convention entre la commune et l’EPIC va être modifiée pour spécifier que dorénavant l’EPIC sera en charge du lac de pêche du Pontet et de location de vélos électriques. L’office de Tourisme n’a plus de directeur, il avance comme un bateau à la dérive, et maintenant il va devoir gérer les concours de pêches et par conséquent l’approvisionnement en truites. Quant aux vélos électriques, nous avons tâché d’en savoir plus. La réponse du maire a été incompréhensible. « Ce ne sera pas de la location de vélos », « c’est pour le personnel de la commune mais aussi pour les touristes », … Après qu’il nous ait expliqué qu’il y aura une convention avec l’UCPA, nous avons demandé si ces 10 vélos seront à la disposition des personnes en vacances à l’UCPA, il nous a répondu, « Non il y a aura des bornes sur la place et les personnes pourront se servir ». « Qui va se charger de l’entretien ? » avons-nous cherché à savoir. « C’est l’entreprise qui installe ces bornes ». Comprenne qui pourra. En tous cas, dans toutes les informations données sur l’office de tourisme (site internet, brochure, …) ces vélos ne sont mentionnés nulle part.




Franchement, dans la grave situation qu’il traverse, l’office de tourisme n’a-t-il rien de mieux à faire que de s’occuper de poissons et de vélos ? Finalement, on comprend pourquoi Julien Mure a préféré partir travailler ailleurs….


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dimanche 16 juin 2019

Les rois de la récup’

Peut-être l’avez-vous remarqué, mais dernièrement nous avons été largement abreuvés de publications diverses venant de la mairie. Quatre newsletters en moins d’un mois et demi. A peine le temps d’en lire une que la suivante apparaît dans les boîtes aux lettres. Depuis début mai, le flux semble tari mais nous ne devrions pas tarder à recevoir une nouvelle vague. 




Il faut dire que les échéances municipales approchent à grand pas. Le temps est venu pour l’équipe du maire de tenter de faire reluire son blason. La chargée de communication a du pain sur la planche !!! Bientôt sonnera l’heure du bilan, le moment où les électeurs vont juger les 6 années passées. Tout ce qui était promis a-t-il été accompli ? Il faut dire qu’en 2014, il était si simple de faire de belles promesses, de raconter à chacun ce qu’il voulait entendre. La méthode est connue et elle avait malheureusement bien fonctionné. Marchera-t-elle une seconde fois ?

Le maire et ses colistiers n’avaient pas manqué de promettre monts et merveilles. Des établissements de nuits par-ci, une station-service par-là, ... C’était si simple. Depuis 5 années sont passées et la réalité est moins brillante que l’avenir doré annoncé. Il est temps, plus que temps, pour ces élus de présenter un aspect positif de leurs actions, parce que le défilé de cadres à la mairie et la défection quasi systématique des agents compétents ne font pas bonne impression devant l’électorat.




Il semble que le maire lui-même soit bien conscient de cette situation car, lui et son équipe sont devenus en quelques mois les experts de la récupération pour remplir un bilan qui serait bien vide sans cela. Pour s’en convaincre, il suffit de feuilleter les plus récentes newsletters distribuées à travers la commune. Parmi tous les articles, quelles sont vraiment les décisions dont la commune est responsable ? Bien peu. 

Prenons par exemple la publication du 26 mars : on trouve des articles à propos des travaux à venir sur les rivières de la commune, l’enfouissement d’une ligne électrique par ENEDIS sur le domaine skiable, la restauration de la chapelle de la Chapelle. « Quelle équipe municipale efficace et talentueuse !!! » peuvent penser certains en lisant ces articles. Mais quand on connait les dossiers ou quand on sait lire entre les lignes, la réalité est tout autre. 

Ainsi, les travaux sur les rivières sont totalement gérés et financés par le SM3A. Plus de 4 millions d’euros vont être dépensés autour du Bonnant, du Nant Rouge, du torrent d’Armancette. … De quoi remplir toutes des futures publications. Le moindre coup de pelle est maintenant décrit comme une rénovation fondamentale pour la commune. Ainsi nous savons tous les détails des travaux entrepris autour du Nant du ‘P’tou qui a d’ailleurs été renommé le ruisseau du Pétoux dans certains articles. La méconnaissance du secteur est un signe révélateur ! 




Il est à parier que les réalisations du SM3A seront moins présentes dans les futures publications de la mairie suite au débordement du torrent d’Armancette  ce vendredi soir. Trois millions d’euros investis, un chantier pharaonique, des digues de 16 mètres de haut et, à la fonte des neige, juste parce que le torrent grossit, celui-ci sort de son lit et se répand sur la route départementale. Que ce passera-t-il si un gros orage s’abat sur le village ? On frôle le ridicule. Il est certain que la photo ci-dessous ne sera pas dans la prochaine newsletter.


Pont des Loyers, vendredi 14 juin


Sur le même document, nous pouvons lire la description complète de la restauration de la chapelle située dans le hameau de la Chapelle. La première adjointe est présentée comme responsable de cette restauration, le sénateur Loïc Hervé est remercié pour son aide financière et les restauratrices saluées pour le travail. Mais il aurait sans aucun doute été bienvenu de préciser que ses travaux ont été lancés grâce à l’action de personnes sensibles au patrimoine de leur village qui ont prévenu l’équipe municipale du mauvais état de la chapelle. Très régulièrement elles ont dû relancer les services de la commune pour s’assurer que ces travaux seraient bien pris en compte dans les différents budgets, que les planning seraient respectés. Sans leur ténacité, rien n’aurait été fait. Rendons à César … Mais cela n’est pas dans les habitudes de l’équipe municipale. Et surtout ces personnes "oubliées" ne font pas partie du sérail.




Dès qu’il est possible d’associer la commune et par cela l’équipe municipale à l’action d’une association, d’une entreprise, … l’occasion est bonne. La banque Populaire organise une journée sur le domaine nordique : allez hop une photo avec le maire !!! Les moniteurs font de bons résultats au challenge des moniteurs : allez hop, une autre photo avec le maire, une compétition de ski est organisée par l’ESF, encore une photo avec le maire !!! Pour s’associer aux événements mis en place par l’ESF, l’équipe municipale est toujours là. Celle-ci est beaucoup plus réactive qu’à l’automne dernier, quand il s’agissait de trouver une solution pour conserver le jardin d’enfants, cet espace si important pour l’ESF, une vitrine de la station et un service rendu à notre clientèle. Et on se rappelle aussi très bien les difficultés rencontrées par l’ESF pour conserver son local d’accueil au public. 

Bientôt nous aurons certainement droit à la photo de l’équipe municipale au grand complet (ou au moins ce qu’il en reste) à coté de la centrale hydro électrique ou au sommet du hameau des Loyers pour montrer l’emplacement de la future résidence de tourisme. Il est si facile de récupérer ces initiatives purement privées. Si on continue dans cette voie, les personnes qui construisent ou rénovent leur maison auront l’immense privilège de recevoir la visite de la chargée de communication qui écrira un article « grâce à la commune qui a accordé leur permis de construire, cette famille va bientôt pouvoir habiter dans sa nouvelle maison ». 




Et comme si les newsletters ne suffisaient pas pour assurer la propagande, des affiches à la gloire des actions de la commune apparaissent dès qu’un chantier est lancé. A la chapelle, les travaux ne sont pas terminés mais le panneau trône déjà devant l’édifice religieux. « La rénovation au cœur de l’action ». Rien que cela !!! De quelle rénovation s’agit-il ? Pas celle du Patrimoine : aucun travaux d’entretien n’a été fait sur l’édifice de Notre-Dame de la Gorge, le toit de l’église du village est dans un état désastreux. L’équipe municipale préfère la rénovation inutile du chemin du Praz. Ce sentier est en danger avec cette couverture promise en pierres de Salève, un danger également pour les frayères qui l’entourent ! La biodiversité est mise à mal autour de ce chemin qui va devenir très roulant et qui mène à la maison du premier édile.




Cette profusion de panneaux devient parfois presque comique : lors du goudronnage de la départementale dans le centre du village, les travaux n’étaient pas encore commencés mais le panneau d’information était déjà en place devant l’immeuble du Bionnassay. Il est d’ailleurs étonnant que des panneaux de ce type ne soient pas encore installés juste à côté des travaux en cours en ce début juin vers le parking de ski de fond. Mais cela ne devrait pas tarder.




Un panneau doit être déjà prêt depuis longtemps : celui pour la piste de ski roue. Son inauguration est annoncée pour la fin du mois de juin. Au programme, des animations toute la journée, la présence de Laurent Wauquiez, président de la région Rhône Alpes Auvergne. Avec un tour de passe-passe dont il a le secret le maire a su transformer ce dossier tant critiqué car préparé et lancé par la précédente municipalité en un dossier dont il va se glorifier dans les prochains mois. En 2014, Etienne Jacquet expliquait que le projet de ski roue ne rentrait pas dans ses projets. En 2015, il faisait voter une délibération pour arrêter les travaux et refuser les subventions qui avaient été accordées saccageant ainsi le projet 4 saisons qui aurait animé les Contamines même en automne. En 2019, le ski roue est devenu sa réalisation. On attend avec une certaine curiosité son discours du 29 juin…


L'opportuniste, Jacques Dutronc


A quoi faut-il s’attendre dans les prochains mois ? Sans doute à une avalanche de newsletters, de panneaux à travers le village, pour faire croire que tout est idyllique : bientôt 80 familles vont s’installer au-dessus du cimetière et profiter des routes communales si bien entretenues. Elles vont pouvoir faire jouer leurs petits bouts sur la zone des Loyers dont on peut admirer la réflexion profonde qui a précédé les travaux afin d’optimiser la place à exploiter. Espérons que les habitants permanents et occasionnels des Contamines ne se laisseront pas manipuler par toute cette propagande, qu’ils sauront lire entre les lignes et trier le faux du vrai.




A noter: Conseil municipal ce jeudi 20 juin à 20h.


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samedi 1 juin 2019

D'un budget à l'autre

Nous revenons une troisième et dernière fois sur le conseil municipal du 9 avril. Il nous reste une série de délibérations à passer en revue pour être totalement complets.

Une grande partie de la séance a été consacrée aux comptes de la commune qui se répartissent entre le bilan financier de 2018 et le budget pour 2019. Ces immenses tableaux de chiffres nous donnent l’occasion d’en savoir un peu plus sur les dépenses et les recettes de la commune. Nous n’allons pas rentrer dans le détail de toutes ces informations comptables : cela serait bien long et fastidieux. Nous préférons nous arrêter à quelques chiffres significatifs. 




Le budget principal communal se répartit entre le fonctionnement et les investissements. Du côté du fonctionnement, on reste dans la continuité des années précédentes. Les dépenses se décomposent entre les charges générales (électricité, fourniture, maintenance, …) pour un montant d’environ 1 million d’euros. On peut remarquer que plus de 100 000 euros sont dépensés en honoraires divers et variés, essentiellement en frais d’avocat. A cela s’ajoutent les charges de personnel pour 1.6 millions d’euros et les charges de gestion courantes (2.3 millions d’euros) dont la part principale correspond à la subvention pour l’EPIC. Et il ne faut pas oublier les intérêts des différentes dettes (325 000 euros). Côté recettes, on trouve principalement les impôts et taxes (foncière et habitation) pour 4.8 millions d’euros, mais aussi les dotations et subventions (600 000 euros) et quelques diverses recettes (baux, occupation du domaine public, redevances,…) pour 260 000 euros.




La partie sur les investissements est beaucoup plus compliquée à suivre. On note d’importants écarts entre ce qui avait été prévu l’an dernier et ce qui a réellement été dépensé. Cela n’est pas une grande surprise, le maire et son équipe aiment les grandes annonces de projets. Ils partent à la recherche de subventions qui sont inscrites au budget. Mais au moment du bilan final, les résultats sont bien moyens. Ainsi l’an dernier, 1.8 millions d’euros d’investissement avaient été annoncés et budgétés. Mais seulement 750 000 euros ont été dépensés principalement pour les pistes de ski-roue et le toit du presbytère. Fort logiquement on retrouve les mêmes écarts du côté des recettes. Près de 1 million d’euros de subventions était espéré. Mais ce n’est que 54 000 euros qui sont arrivés dans les caisses de la commune. 

Dans le budget dédié à l’eau et à l’assainissement, on note les mêmes écarts.772 000 euros de travaux avaient été prévus. Mais 92 000 euros ont été finalement dépensés. Cette somme correspond principalement au chantier prévu pour régler les problèmes d’arsenic dans l’alimentation d’eau. Les travaux sont reportés sur 2019. 830 000 euros sont inscrits dans les dépenses d’investissements à venir pour les prochains mois. Dans un an nous verrons ce qui aura été vraiment réalisé. 




D’autres dépenses d’investissement ont été annoncées par l’adjoint aux finances pour un montant total d’un peu moins de 1.5 millions d’euros. Cet élu a détaillé la répartition de cette somme dans laquelle on prévoit 350 000 euros pour la première tranche de travaux pour la maison du tour du Mont-Blanc. A cela s’ajoute une série d’annonces : la réfection du chemin du baroque et parking du ski de fond, l'amélioration de l’aire de jeux du parc du Pontet, la suite du projet de ski-roue et la construction de l’abri pour le berger à Plan Jovet. Pour financer tout cela, 700 000 euros de subventions sont espérés par l’équipe municipale. Espérons que les différents organismes sollicités seront généreux.




La seule nouveauté significative a été l’annonce de la réalisation d’un pumptrack dans le secteur de la patinoire. Qu’est-ce qu’un pumptrack ? Beaucoup de personnes risquent de se poser cette question. Un pumptrack est un espace de loisirs multi-pratiques dédié aux engins à roues, et plus spécialement les vélos. C’est un terrain composé d’un ensemble de bosses et de virages, sans aucun replat, et qui permet d’avancer sans avoir à pédaler. Ce concept est assez vieux et vient des Etats-Unis pour les modèles les plus simples en terre. Les versions les plus abouties en enrobé sont apparues en Suisse au début de la décennie. Le premier pumptrack a été aménagé en France en 2015, à Willgottheim en Alsace et depuis ils poussent comme des champignons. Dans la région les communes de Combloux, Saint-Gervais, Servoz,… se sont dotées de cet équipement. 




Nous saluons la construction de ce futur pumptrack qui viendra enfin pallier l’absence du skate-park tant regretté par les jeunes du village. Ceux-ci trouveront enfin un lieu sécurisé pour pratiquer leurs activités ludiques. Un point nous inquiète cependant. Lors de la réunion, nous avons tâché d’en savoir plus sur la localisation précise de cet espace et sur sa taille. Il nous a été répondu qu’il sera situé entre la patinoire et l’espace de jeux pour les enfants. Comme ces 2 activités sont adjacentes, nous avons du mal à comprendre comment un pumptrack va pouvoir être construit à cet endroit. D’après les informations que nous avons pu obtenir par ailleurs, cet espace ludique serait aménagé entre les jeux d’enfants et le chemin piéton, voire  carrément sur le chemin piéton. Nous en déduisons que cette piste ne sera pas bien grande… Comme le pumptrack est annoncé pour l’été 2019, nous serons rapidement fixés.


Il ne reste pas beaucoup de place entre les jeux et la patinoire !!!

Parmi les autres dépenses d’investissement annoncées, nous avons noté que 50 000 euros sont prévus pour des travaux d’amélioration dans les appartements de la commune et que comme chaque année une enveloppe de 100 000 euros est notée pour les travaux de voirie. Cette somme ne concerne heureusement pas les travaux récents de goudronnage du centre du village. Elle serait loin d’être suffisante. Tout est pris en charge par le Département puisque la route est une départementale. 

Pour clôturer cette partie financière, il nous reste à ajouter que le dossier SGAT arrive enfin à son terme. 800 actions avaient été vendues lors de la création de cette structure et depuis sa dissolution en 2015, les actionnaires n’avaient toujours pas été remboursés. Une assemblée générale a été organisée en avril et les personnes qui avaient acheté des actions ont dû être enfin remboursée ou ne vont pas tarder à l’être. Cela représente quand même une somme de 50 000 euros environ !!! Pour régler ce « détail », il aura fallu 4 ans et des explications confuses sur la disparition d’un papier à cause d'un ancien agent communal (bien sûr) . Un document retrouvé inopinément grâce aux bons soins de l’équipe en place,..




Après cette grande partie consacrée au budgets communaux, les conseillers ont dû se prononcer sur plusieurs délibérations. Comme d’habitude, nous avons voté pour de nombreuses demandes de subventions : pour les travaux sur le chemin du baroque (40 000 euros) afin de le recouvrir de pierre du salève, pour l’aire de jeux du Pontet (15 000 euros), pour le pumptrack (75 000 euros) et enfin pour le balisage du Tour du Mont-Blanc ( 200 euros). Quelle somme totale arrivera finalement dans les caisses de la commune ? Réponse en avril 2020. 

Nous avons ensuite enchaîné avec les habituelles délibérations de printemps (tarifs du parc de loisirs, tarifs SECMH pour l’été, conventions avec le ski-club et la MJC de Saint-Gervais) avant de passer à l’approbation du contrat de territoires Espaces Naturels Sensibles. Pour résumer, le Département de la Haute-Savoie a proposé à la communauté de Communes Pays du Mont-Blanc de répertorier un ensemble d’espaces naturels sur lesquels des actions seront réalisées dans les 3 prochaines années pour un montant globale de 8 millions d’euros sur l’ensemble du territoire de la communauté de communes. Le département apportera une aide de 4 millions. 




Notre commune est concernée par certaines de ces actions. Cela va de la mise en place d’un plan de gestion sur la partie sud du Mont Joly, à du débroussaillement en réserve naturelle, à l’alimentation en eau en alpage, à la création de clairières, à la restauration écologique de sols sur le domaine skiable, à des aménagements pour l’accueil du public à la Balme, … 

Cette liste d’actions demandera des précisions car certaines nous paraissent bien abstraites comme par exemple la « mise en défens pour quiétude, zone de la Combaz ». Le dictionnaire nous apprend que la « mise en défens » (on dit aussi « en défense ») d'une parcelle ou d'une partie de parcelle, est l'installation de clôtures, assortie de l'interdiction de pénétrer. « Défens » a alors le sens premier d'interdiction, de défense. Faut-il en déduire que des clôtures vont être installées sur les flancs du Mont-Joly ? Il nous semble que la Communauté de Commune ou le Département devraient davantage communiquer et donner des explications claires et précises aux habitants de ces territoires s’ils veulent que leurs actions soient soutenues et ne soient pas perçues comme les décisions théoriques administratives venues dont on ne sait où et éloignées de la réalité du terrain. Faute d'informations claires, nous ne pourrons que constater ce qui sera réalisé....





Rendez-vous le 15 juin pour de nouvelles infos.

Lydie Roch-Dupland et David Mermoud



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mercredi 15 mai 2019

Le domaine nordique sera-t-il privatisé ?

Nous reprenons notre compte rendu du conseil municipal du 9 avril. Après le projet de vente de parcelles pour la création de 80 logements au Grand Plane, nous nous intéressons cette fois-ci à l’avenir du domaine nordique des Contamines. L’équipe municipale envisage de grands changements dès le prochain hiver.




Le domaine nordique de la commune fait partie des équipements touristiques gérés par l’EPIC « Les Contamines Tourisme » avec la participation de la commune pour divers éléments techniques. Il regroupe les pistes de ski de fond, le chalet d’accueil, le stade de biathlon et la petite piste de luge. A cela, il faut ajouter la piste de ski roue en travaux actuellement. Cinq personnes sont employées pour faire fonctionner cet espace en hiver : 4 pisteurs-secouristes et une hôtesse d’accueil. En été, les activités sont gérées par la société Alpinum Events. En lisant le document joint à la délibération nous avons appris qu’une convention avait été signée entre l’EPIC et Alpinum Events pour des prestations de promotion et l’entretien mais aussi la « coordination planning » et la structuration. Nous pensons que le planning doit être celui qui organise l’utilisation du stade de biathlon. En revanche, nous ignorons à quoi correspond concrètement « la structuration ». Ces missions correspondent à un coût annuel de 18 000 euros TTC.





Mais cette organisation ne satisfait pas le maire et son équipe : ceux-ci souhaitent mettre en place une délégation de service public afin qu’une entreprise privée prenne en charge cette gestion. Quels sont les arguments qui peuvent justifier cette modification? Cette activité n’est sans doute pas suffisamment rentable. Lors du conseil municipal nous avons interrogé le premier magistrat de la commune pour avoir quelques éléments comptables. La réponse donnée parle d’elle-même : chaque année, le déficit de fonctionnement est d’environ 90 000 euros. Il n’est pas nécessaire de chercher plus longtemps, nous avons trouvé la raison à ce souhait de changement.





Ce déficit n’est pas une surprise. Un domaine nordique peut difficilement être rentable : les coûts sont très importants (damage, entretien, enneigement, personnel de secours, …). Face à cela, les recettes sont très liées aux conditions climatiques, les tarifs d’accès aux pistes sont peu élevés et la fréquentation reste moyenne malgré la promotion faite autour de ce sport. Mais on peut penser que si ce type d’équipement sportifs ne rapporte pas directement de l’argent à la commune, il fait partie d’un ensemble d’offres d’activités qui donne l’attrait de la station. Un domaine nordique n’est pas rentable, une patinoire non plus, une garderie ne l’est pas forcément, … mais tous ces équipements sont indispensables à une station de sports d’hiver et participent indirectement à séduire des touristes pour venir séjourner aux Contamines. On peut donc affirmer que ces équipements touristiques rapportent indirectement largement plus qu’ils ne coûtent. Mais malheureusement il est quasiment impossible de mesurer ces apports financiers au budget de la commune.





Sans doute, le maire s’arrête-t-il aux seuls résultats comptables et dans le passé, il avait déclaré que la commune n’avait pas vocation à gérer des activités déficitaires. Il souhaite maintenant trouver un prestataire pour s’occuper du domaine nordique. Aussi une proposition de convention a été présentée lors de ce conseil municipal : elle définit ce que pourrait être le futur accord entre la commune et une société éventuellement intéressée.

Ce document reprend en détail tous les aspects de l’organisation du domaine nordique et répartit les rôles entre la commune et le futur délégataire. Celui-ci aurait les missions suivantes : l’exploitation, l’entretien, la maintenance, la surveillance et les réparations de l’ensemble des installations mais aussi la signalisation de sécurité et fonctionnelle du site, le balisage et le barriérage, la mise en sécurité du périmètre (déboisement, débroussaillage, drainage, etc.). A tout cela il faut ajouter la gestion des usagers et une assistance technique à la commune. En plus, la commune souhaite que cette société investisse pour réaliser des travaux de modernisation du chalet nordique avec la création de vestiaires et de toilettes publiques avant fin 2020. Elle lui demande même de créer un club house.





Les contraintes ne s’arrêtent pas là : le futur délégataire devra participer activement aux différents événements organisés sur le site en mettant à disposition des moyens humains et matériels nécessaires à la préparation et à l’accueil des manifestations durant 16 jours minimum pendant la saison hiver, et 8 jours pendant la saison estivale. Cela comprend entre autres choses le damage du site y compris des préparations spécifiques si besoin, le balisage et la sécurisation du site avant et pendant l’événement, la communication sur le site des adaptations du site nordique induites par ces événements (information clientèle). Et n’oublions pas que d’autres activités existent sur le domaine nordique : chiens de traineaux, calèche, ski joering,…. Le délégataire devra gérer les relations avec tous les différents prestataires sur le site du parc nordique. Enfin, en plus de tout cela, et comme si toutes les contraintes ne suffisaient pas, la commune demande au délégataire de lui verser une redevance d’occupation du domaine publique.




Afin de garder des chances de trouver quelqu’un susceptible d’être intéressé, la commune est prête à quelques compensations. En premier lieu, certains biens seront mis à disposition du prestataire : les canons à neige, la dameuse et le scooter, le matériel pour la sécurité et le balisage et tout le matériel composant le stade de biathlon. En plus, la mairie mettra 2 agents communaux à disposition du délégataire.

Ces aides de fonctionnement apportées par la commune entraînent des questions qui ne sont malheureusement pas évoquées dans le document. Si l’entretien du matériel (canon, dameuse, …) est logiquement à la charge du futur délégataire, que se passera-t-il en cas de panne, de casse ou de besoin de remplacement ? Et concernant le personnel mis à disposition, on peut craindre des litiges pour des agents payés par la commune et dirigés par un prestataire privé. Des difficultés d’organisation à prévoir …

Autre question non anticipée : celle de l’enneigement. Lors des hivers pauvres en neige, les services de la commune doivent participer au transport et à la mise en place de la neige artificielle sur une large partie du domaine. Comment le délégataire pourra-t-il gérer de tels manques de neige ? Cela ne risque-t-il pas d’entrainer une fermeture prématurée du domaine dans la même logique que celle de la patinoire ?

Par ailleurs, les pistes traversent des terrains appartenant à des propriétaires privés qui sont dédommagés par la commune et qui ont un droit d’accès gratuit aux pistes. Ce point n’est pas évoqué dans le projet de convention. Qu'en sera-t-il à l’avenir ?




Deux derniers éléments ont attiré notre attention. Dans le document il est précisé que le délégataire devra mettre en œuvre les moyens matériels et humains nécessaires pour former et encadrer les pratiquants. Pour le ski de fond, la formation et l’encadrement étaient assurés jusqu’à présent par les moniteurs de l’ESF. Cela est-il amené à changer ? Le délégataire va-t-il créer une nouvelle équipe de moniteurs de ski ? Une autre demande de la commune : celle-ci souhaite que le délégataire puisse proposer, dès l’ouverture du site (en décembre 2019), du matériel de location de ski de fond, de biathlon et de ski roue utilisable sur le site. Les nombreux magasins de location de ski vont sans aucun doute apprécier cette volonté de la commune de voir naître un nouveau concurrent directement sur le site nordique. Autant on peut comprendre que le matériel de biathlon, voire de ski roue soit loué sur place, cela est beaucoup plus discutable pour la location de ski.





Le maire et son équipe vont maintenant partir à la recherche d’un prestataire prêt à gérer le domaine nordique. Avec un déficit de fonctionnement de 90 000 euros et l’obligation d’investir pour moderniser le chalet nordique, il nous parait peu probable que les propositions affluent en nombre à la mairie. Peut-être un mécène se présentera-t-il ? Ou alors la mairie devra largement revoir ses prétentions au risque d’une forte dégradation de la qualité des pistes, de l’entretien du domaine, du développement de ces activités nordiques.

Plus globalement, ce souhait de la commune est une nouvelle étape vers un désengagement de tous les équipements touristiques avec des résultats mitigés. Après la patinoire, le camping, une large partie du parc de loisirs, le domaine nordique est maintenant prêt à être sacrifié. Si cela abouti, il ne restera plus que la garderie et le lac de baignade du Pontet gérés par la commune. A qui le tour ? 



Le maire souhaite se débarrasser de ce qui pourrait être un handicap pour le bilan financier qu’il va présenter à ses électeurs. Pour lui rien d’autre ne compte. La notion de service public lui est totalement étrangère…. L’intérêt communal, à part s’il s’agit de combler les trous du budget, n’est pas au programme. Le seul but de cette équipe est de vendre ou de se débarrasser des biens communaux. Ainsi la formule adaptée en cas de problème sera celle qu’on nous a déjà servie à propos de la patinoire : « C’est pas nous, c’est eux »… sans oublier le leitmotiv : « on n’a pas fait d’emprunt ». Toujours est-il que le domaine nordique est en voie d’être dissocié de la gestion communale. La communication sur ce sujet est opaque, tandis que sur d’autres, juste là pour faire reluire l’image du premier magistrat. On peut craindre que les négociations sur l'avenir du domaine nordique avec une éventuelle société privée resteront très discrètes et rien ne filtrera de la tour d’ivoire qu’est devenue la mairie des Contamines.


Rendez-vous le 1er juin pour de nouvelles infos.

Lydie Roch-Dupland et David Mermoud



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